2025 ESC Guidelines for the Management of Myocarditis and Pericarditis
Myocardites et péricardites : l’IRM devient le pivot du diagnostic
La Société européenne de cardiologie publie ses premières recommandations consacrées à la myocardite, traitée conjointement avec la péricardite sous le terme de « syndrome myopéricardique inflammatoire ». Le texte organise le parcours diagnostique autour de l’IRM cardiaque, précise les critères d’hospitalisation, encadre la reprise du sport et le suivi à long terme. Il repose en grande partie sur des avis d’experts, faute d’essais randomisés.
Question clinique
Comment reconnaître, traiter et suivre les atteintes inflammatoires du myocarde et du péricarde, de la douleur thoracique bénigne au choc cardiogénique ? Quels patients hospitaliser, et quand autoriser la reprise du sport et du travail ?
Méthode
Ces recommandations de la Société européenne de cardiologie ont été rédigées par un groupe de travail dédié, avec la gradation habituelle en classes et en niveaux de preuve. C’est le premier texte européen consacré à la myocardite, et le premier à la traiter conjointement avec la péricardite, sous le terme de « syndrome myopéricardique inflammatoire », qui reconnaît le chevauchement fréquent des deux atteintes.
Résultats clés
- L’IRM cardiaque devient le pivot du diagnostic non invasif devant une suspicion de myocardite ou de péricardite (classe I, niveau B). Une IRM de contrôle dans les six mois est recommandée pour distinguer une guérison d’un processus persistant et autoriser la reprise de l’exercice (I C). La biopsie endomyocardique est réservée aux myocardites à haut risque, aux formes avec instabilité hémodynamique et aux formes de risque intermédiaire qui ne répondent pas au traitement (I C).
- L’hospitalisation est recommandée pour les péricardites à haut risque (I B) et pour les myocardites de risque modéré à élevé (I C) ; les formes sans critère de gravité peuvent être suivies en ambulatoire.
- Reprise du sport : les délais forfaitaires de trois à six mois laissent place à une approche individualisée. L’effort est restreint jusqu’à la rémission et pendant au moins un mois (I C), la rémission étant définie par la normalisation des symptômes, des biomarqueurs et de l’imagerie, chez le sportif comme chez le sédentaire.
- Traitement de la péricardite : la colchicine vient en première ligne, en complément de l’aspirine ou d’un anti-inflammatoire non stéroïdien (I A) ; les corticoïdes ne sont pas recommandés en première intention en l’absence d’indication spécifique (III C) ; les anti-interleukine-1 (anakinra ou rilonacept) sont recommandés dans les péricardites récidivantes résistantes à la colchicine et cortico-dépendantes (I A).
Limites
- La grande majorité des recommandations reposent sur un niveau de preuve C, c’est-à-dire sur un avis d’experts : les essais randomisés multicentriques manquent, en particulier pour le traitement de la myocardite.
- Les critères de reprise de l’activité physique restent incertains, et le texte l’assume : il plaide pour des restrictions moins longues tout en reconnaissant l’absence de données solides.
- Les données manquent chez l’enfant, la femme enceinte ou allaitante et le sujet âgé ; les scores de risque de péricardite compliquée ne sont pas validés et restent du domaine de la recherche.