PAUSE CARDIO
Insuffisance cardiaque · Recommandations ESC 2026

2026 ESC Guidelines for the management of heart failure

Insuffisance cardiaque : l’ESC ne retient plus que deux phénotypes

European Heart Journal · 28 août 2026 · ESC 2026

Première refonte complète des recommandations européennes sur l’insuffisance cardiaque depuis 2021. La catégorie intermédiaire « FEVG modérément altérée » disparaît : il ne reste que deux phénotypes, FEVG réduite (< 50 %) et FEVG préservée (≥ 50 %). Les antagonistes des récepteurs minéralocorticoïdes passent en classe I quelle que soit la FEVG, et les agonistes du GLP-1 entrent dans le texte pour l’insuffisance cardiaque à FEVG préservée avec obésité.

En pratiquedeux changements peuvent s’intégrer dès la prochaine consultation. D’abord, la tranche de FEVG 41–49 % n’est plus une zone à part : en deçà de 50 %, le traitement fondamental de l’insuffisance cardiaque à FEVG réduite s’applique dans son ensemble. Ensuite, la spironolactone (ou l’éplérénone) devient un traitement de fond à proposer aussi à FEVG préservée, avec la surveillance habituelle de la kaliémie et de la créatinine. Chez l’insuffisant cardiaque à FEVG préservée et obèse, le sémaglutide ou le tirzépatide entrent dans les options. Enfin, le vocabulaire des courriers change : on parle de décompensation, non plus d’insuffisance cardiaque aiguë.

Question clinique

Cinq ans après le texte de 2021, comment classer et traiter l’insuffisance cardiaque, alors que les iSGLT2 se sont généralisés, que la finérénone et les agonistes du GLP-1 ont été évalués dans l’insuffisance cardiaque et que les digitaliques reviennent dans les essais ?

Méthode

Recommandations de la Société européenne de cardiologie, publiées dans l’European Heart Journal le 28 août 2026 et présentées au congrès de l’ESC à Munich.

Résultats clés

  • Deux phénotypes au lieu de trois : la catégorie FEVG 41–49 % disparaît. Le texte distingue désormais la FEVG réduite (< 50 %) et la FEVG préservée (≥ 50 %), au motif que la physiopathologie et la réponse au traitement sont semblables en deçà de 50 %.
  • Le terme « aiguë » est remplacé par « décompensée » : la dégradation de la fonction cardiaque est le plus souvent progressive, jusqu’au moment où le cœur ne compense plus.
  • Trois classes de traitement remplacent la notion de traitement médical optimal : traitement médical fondamental (pour tous les patients), traitement médical additionnel (pour des sous-groupes) et interventions recommandées (dispositifs et procédures).
  • Antagonistes des récepteurs minéralocorticoïdes : classe I quelle que soit la FEVG dans l’insuffisance cardiaque chronique.
  • Agonistes du GLP-1 (sémaglutide, tirzépatide) : classe IIa dans l’insuffisance cardiaque à FEVG préservée avec obésité.
  • Recommandations renforcées pour la digoxine et la digitoxine, pour l’assistance circulatoire de longue durée et pour la réparation mitrale percutanée dans des situations précises.
  • Approche par stades maintenue, du stade A (prévention) au stade D (insuffisance cardiaque avancée).

Limites

  • La suppression de la catégorie intermédiaire est un choix pragmatique : les essais consacrés à cette tranche de FEVG restent peu nombreux et reposent souvent sur des analyses de sous-groupes.
  • L’accès aux agonistes du GLP-1 et leur remboursement dans l’insuffisance cardiaque ne suivent pas partout la recommandation.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.