PAUSE CARDIO
Cardiomyopathies & myocardites · Essai randomisé de phase 3 · ACACIA-HCM

Aficamten for Symptomatic Nonobstructive Hypertrophic Cardiomyopathy

L’aficamten améliore modestement les symptômes de la CMH non obstructive

NEJM · 28 août 2026 · ESC 2026

Chez 517 adultes atteints d’une cardiomyopathie hypertrophique non obstructive symptomatique, forme qui ne dispose d’aucun traitement médicamenteux validé, l’aficamten a été comparé au placebo pendant une durée allant jusqu’à 72 semaines. À 36 semaines, il améliore la capacité d’effort davantage que le placebo (VO₂ pic : différence de 0,67 mL/kg/min), ainsi que l’état de santé rapporté par le patient (KCCQ : différence de 3,0 points). Le gain est statistiquement significatif mais modeste, et 10,5 % des patients traités ont présenté une baisse réversible de la FEVG sous 50 %.

Résultat principalÀ 36 semaines : VO₂ pic +0,67 mL/kg/min (IC95 % 0,22–1,11 ; p = 0,003) et KCCQ +3,0 points (IC95 % 0,5–5,5 ; p = 0,02) contre placebo
En pratiqueC’est le premier essai de phase 3 à démontrer un bénéfice médicamenteux dans la CMH non obstructive symptomatique, où l’on ne disposait jusqu’ici d’aucun traitement de fond validé. Le bénéfice moyen reste modeste et doit être présenté comme tel au patient : celui qui reste gêné malgré un traitement bien conduit peut être adressé à un centre expert pour discuter d’un inhibiteur de la myosine. La surveillance échocardiographique programmée fait partie du traitement, puisqu’un patient sur dix a vu sa FEVG passer sous 50 %.

Question clinique

Les inhibiteurs de la myosine cardiaque ont fait leurs preuves dans la CMH obstructive. Apportent-ils un bénéfice aux patients symptomatiques sans obstruction, pour lesquels aucun traitement médicamenteux n’a démontré son efficacité ?

Méthode

Essai de phase 3 multinational, randomisé en double aveugle. Des adultes atteints de CMH non obstructive symptomatique ont été répartis 1:1 entre aficamten (dose initiale 5 mg, maximum 20 mg) et placebo pour une durée allant jusqu’à 72 semaines : 258 sous aficamten, 259 sous placebo. Âge moyen 55,1 ans, 53,6 % de femmes. Les deux critères de jugement principaux, mesurés à 36 semaines, étaient la variation du pic de consommation d’oxygène (VO₂ pic) à l’épreuve d’effort cardiopulmonaire et la variation du score clinique résumé du questionnaire KCCQ (de 0 à 100, un score plus élevé traduisant un meilleur état de santé).

Résultats clés

  • KCCQ : +11,4 points sous aficamten contre +8,4 sous placebo, soit une différence de 3,0 points (IC95 % 0,5–5,5 ; p = 0,02).
  • VO₂ pic : +0,64 mL/kg/min sous aficamten contre −0,03 sous placebo, soit une différence de 0,67 mL/kg/min (IC95 % 0,22–1,11 ; p = 0,003).
  • La classe NYHA et le NT-proBNP se sont également améliorés sous aficamten ; ce sont des critères secondaires.
  • Tolérance : une baisse réversible de la FEVG sous 50 % est survenue chez 27 patients (10,5 %) sous aficamten, contre 2 (0,8 %) sous placebo. Des événements indésirables graves ont touché 52 patients (20,2 %) sous aficamten et 38 (14,7 %) sous placebo.

Limites

  • Les effets sont de taille modeste : une différence de 3 points de KCCQ reste en deçà du seuil de 5 points habituellement retenu comme perceptible par le patient, et le gain de VO₂ pic est inférieur à 1 mL/kg/min.
  • Le groupe placebo s’est lui aussi nettement amélioré (+8,4 points de KCCQ) : une part importante de l’amélioration ressentie ne tient pas au médicament.
  • La FEVG est passée sous 50 % chez environ un patient traité sur dix : le traitement impose une surveillance échocardiographique régulière.
  • Les deux critères de jugement principaux sont fonctionnels : l’essai ne permet pas de conclure sur les événements cliniques (décès, insuffisance cardiaque, arythmies) ni sur le devenir au-delà de 72 semaines.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.