PAUSE CARDIO
Interventionnel & structurel · Essai randomisé · HOST-EXAM, suivi à 10 ans

Aspirin versus clopidogrel for chronic maintenance monotherapy after percutaneous coronary intervention: 10-year follow-up of the HOST-EXAM trial

À dix ans, le clopidogrel garde l’avantage sur l’aspirine

The Lancet · 11 avril 2026 · 407:1439–1447 · présenté à l’ACC.26

Dans le suivi prolongé de l’essai randomisé HOST-EXAM, 5 438 patients ayant terminé sans événement 6 à 18 mois de bithérapie antiplaquettaire après angioplastie avaient été répartis par tirage au sort entre clopidogrel 75 mg et aspirine 100 mg en monothérapie. Après un suivi médian de 10,5 ans, le critère composite (décès toutes causes, infarctus non fatal, AVC, réadmission pour syndrome coronarien aigu, hémorragie BARC de type 3 ou plus) est survenu chez 25,4 % des patients sous clopidogrel contre 28,5 % sous aspirine (HR 0,86 ; IC95 % 0,77–0,96), avec à la fois moins d’événements thrombotiques et moins d’hémorragies. La mortalité toutes causes ne diffère pas entre les deux groupes.

Résultat principalCritère composite à 10,5 ans : 25,4 % sous clopidogrel contre 28,5 % sous aspirine — HR 0,86 (IC95 % 0,77–0,96) · événements thrombotiques 17,3 % contre 20,0 % · hémorragies 9,1 % contre 10,8 %
En pratiquechez le coronarien stable après angioplastie, une fois la bithérapie terminée, le clopidogrel en monothérapie apparaît comme une alternative à l’aspirine, désormais documentée sur le très long terme, avec moins d’événements ischémiques et moins d’hémorragies, mais sans gain de survie. Rien n’impose de modifier le traitement d’un patient stable qui tolère bien l’aspirine ; la question se pose plutôt lors d’un renouvellement, d’une intolérance ou d’un saignement mineur, en gardant à l’esprit que la population étudiée est asiatique.

Question clinique

Après une angioplastie, une fois la bithérapie antiplaquettaire terminée, vaut-il mieux poursuivre au long cours par aspirine ou par clopidogrel en monothérapie ?

Méthode

Les investigateurs ont prolongé à 10 ans le suivi de l’essai randomisé HOST-EXAM, mené en Corée du Sud. Entre mars 2014 et mai 2018, 5 438 patients ayant terminé sans événement clinique 6 à 18 mois de bithérapie antiplaquettaire après angioplastie ont été répartis par tirage au sort entre clopidogrel 75 mg par jour (n = 2 710) et aspirine 100 mg par jour (n = 2 728). Le statut clinique a été recueilli au 1er mai 2025 : suivi médian de 10,5 ans (IQR 9,4–11,4), exhaustivité du suivi de 92,8 %. Le critère principal était un composite de décès toutes causes, d’infarctus non fatal, d’AVC, de réadmission pour syndrome coronarien aigu et d’hémorragie BARC de type 3 ou plus. Analyse principale en intention de traiter.

Résultats clés

  • Critère composite (estimation de Kaplan-Meier) : 25,4 % sous clopidogrel contre 28,5 % sous aspirine (HR 0,86 ; IC95 % 0,77–0,96 ; p du test du log-rank 0,0050), soit environ trois points de différence absolue.
  • Les deux versants vont dans le même sens : sous clopidogrel, les événements thrombotiques sont moins fréquents (17,3 % contre 20,0 % ; p = 0,0024) et les hémorragies aussi (9,1 % contre 10,8 % ; p = 0,020).
  • La mortalité toutes causes est comparable dans les deux groupes.

Limites

  • La population est coréenne ; la réponse au clopidogrel et le risque hémorragique peuvent y différer de ceux des patients européens, ce qui invite à extrapoler avec prudence.
  • L’analyse en intention de traiter porte sur une période très éloignée de la randomisation : le traitement réellement pris pendant dix ans n’est pas connu, et les auteurs eux-mêmes parlent d’association plutôt que d’effet sur cette période prolongée.
  • Aucun gain de survie : le bénéfice porte sur des événements non mortels.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.