Cardiac Arrest During Long-Distance Running Races
Marathon : autant d’arrêts cardiaques, deux fois moins de décès
Le registre RACER a recensé 176 arrêts cardiaques parmi plus de 29 millions de coureurs ayant terminé un marathon ou un semi-marathon aux États-Unis entre 2010 et 2023. L’incidence des arrêts est restée stable par rapport à 2000–2009 (0,54 contre 0,60 pour 100 000 participants), mais la létalité a été divisée par deux (34 % contre 71 %) et l’incidence des décès cardiaques a reculé de 0,39 à 0,20 pour 100 000. Les arrêts restent plus fréquents chez les hommes et sur le marathon, et la coronaropathie, plutôt que la cardiomyopathie hypertrophique, est la cause la plus souvent identifiée. Une réanimation plus précoce et un rythme initial ventriculaire étaient associés à la survie.
Question clinique
Alors que le nombre de participants aux marathons et semi-marathons américains a triplé, quelles sont aujourd’hui l’incidence, les causes et l’issue des arrêts cardiaques survenant pendant ces courses, et ont-elles changé depuis la décennie 2000–2009 ?
Méthode
Série de cas observationnelle du registre RACER (Race Associated Cardiac Event Registry) portant sur les coureurs de marathon et de semi-marathon aux États-Unis du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2023. Les cas ont été identifiés par les médias, les organisateurs, les déclarations à USA Track & Field et des entretiens avec les survivants ou leurs proches, puis analysés pour en établir la cause et les facteurs associés à la survie. Incidence et causes ont été comparées à la période de référence 2000–2009.
Résultats clés
- Parmi 29 311 597 coureurs ayant terminé une course, 176 arrêts cardiaques sont survenus (127 hommes, 19 femmes, 30 de sexe inconnu). L’incidence est restée stable par rapport à 2000–2009 : 0,54 pour 100 000 participants (IC95 % 0,41–0,70) contre 0,60 (IC95 % 0,52–0,70).
- L’incidence des décès cardiaques a nettement diminué, de 0,39 pour 100 000 (IC95 % 0,28–0,52) à 0,20 (IC95 % 0,15–0,26), et la létalité est passée de 71 % à 34 %.
- Les arrêts sont restés plus fréquents chez les hommes (1,12 pour 100 000) que chez les femmes (0,19) et sur le marathon (1,04) que sur le semi-marathon (0,47). La plupart sont survenus dans le dernier quart de la course.
- Une cause certaine a pu être établie dans 67 des 128 cas documentés (52 %) : la coronaropathie, et non la cardiomyopathie hypertrophique, était la cause la plus fréquente. Une durée de réanimation plus courte et un rythme initial de tachyarythmie ventriculaire étaient associés à la survie.
Limites
- Registre reposant sur des sources déclaratives (médias, organisateurs, entretiens) : des cas ont pu échapper au recensement et la cause reste indéterminée dans près de la moitié des cas.
- Les auteurs proposent que l’organisation des secours et l’accès immédiat à la défibrillation expliquent l’amélioration de la survie, mais le dessin de l’étude ne permet pas de le démontrer.