PAUSE CARDIO
Cardiologie du sport · CFX/VO₂ max · Grande étude observationnelle

Cardiac Screening for Conditions Associated With Sudden Cardiac Death: Yield, Interventions, and SCA/SCD Incidence in 104,369 Young Individuals

Chez le jeune, un dépistage cardiaque normal n’est pas définitif

JACC · février 2026

Entre 2008 et 2018, 104 369 jeunes de 14 à 35 ans, issus de la population générale (9 % de sportifs), ont bénéficié d’un dépistage unique par questionnaire, ECG et échocardiographie sélective. Une affection associée au risque de mort subite a été identifiée chez 0,3 % d’entre eux, dont 41 % ont reçu une intervention modifiant le risque. Après un suivi moyen de 6 ans, 0,08 % des sujets jugés indemnes ont reçu un tel diagnostic ou ont présenté un arrêt cardiaque ou une mort subite, avec une incidence de 5,6 pour 100 000 personnes-années. Les auteurs plaident pour des évaluations répétées, la pénétrance des cardiopathies augmentant avec l’âge.

Résultat principalAffection à risque de mort subite chez 0,3 % des jeunes dépistés ; à 6 ans, 0,08 % des sujets jugés indemnes ont reçu un tel diagnostic ou ont présenté un arrêt cardiaque ou une mort subite, soit une incidence de 5,6 pour 100 000 personnes-années.
En pratiqueCette grande série montre qu’un dépistage unique par ECG identifie une cardiopathie à risque chez 3 jeunes sur 1 000 et conduit à une intervention chez 4 sur 10 d’entre eux, mais qu’un résultat normal ne met pas à l’abri : des diagnostics et des arrêts cardiaques surviennent dans les années qui suivent, du fait de la pénétrance retardée des cardiopathies. Elle plaide pour répéter l’évaluation au fil du temps chez le jeune, sportif ou non, sans démontrer pour autant l’efficacité du dépistage sur la mortalité.

Question clinique

Chez le jeune de la population générale, que rapporte un dépistage cardiaque unique ? Quel est son rendement diagnostique, que devient ensuite le sujet jugé indemne, et quelle est l’incidence de l’arrêt cardiaque et de la mort subite après ce dépistage ?

Méthode

Entre 2008 et 2018, 104 369 sujets consécutifs de 14 à 35 ans (62 % d’hommes, 89 % de sujets blancs, 9 % de sportifs) ont bénéficié d’un dépistage unique associant questionnaire, ECG et échocardiographie sélective. Chaque participant a été vu par un cardiologue, qui a prescrit un bilan complémentaire lorsque cela se justifiait. Le devenir a été établi à partir des bases de données nationales et d’un questionnaire de suivi.

Résultats clés

  • 2 619 sujets (2,5 %) ont été adressés pour un bilan complémentaire : 0,9 % pour des symptômes ou des antécédents familiaux préoccupants, 1,3 % pour un ECG anormal et 0,3 % pour les deux.
  • Le dépistage a identifié 280 sujets (0,3 %) porteurs d’une affection associée à l’arrêt cardiaque ou à la mort subite, dont 115 (41 %) ont reçu une intervention modifiant le risque, parmi lesquelles 10 défibrillateurs implantables prophylactiques et 2 transplantations cardiaques.
  • Sur un suivi moyen de 6,0 ± 2,5 ans, 86 sujets supplémentaires (0,08 %) ont reçu un tel diagnostic, dont 35 à l’occasion d’un arrêt cardiaque (15) ou d’une mort subite (20). L’incidence de l’arrêt cardiaque ou de la mort subite a été de 5,6 pour 100 000 personnes-années. Ces situations sont survenues à un âge médian de 23,8 ans et après un délai médian de 3,6 ans depuis le dépistage (extrêmes 0,2–11,7 ans).
  • La sensibilité pour détecter ces affections était de 75,4 % pour l’ECG et de 32,5 % pour le questionnaire.

Limites

  • Étude observationnelle sans groupe témoin non dépisté : elle ne démontre pas que le dépistage réduit la mortalité subite et ne tranche pas la question du coût par diagnostic.
  • La population est majoritairement blanche et non sportive (9 % d’athlètes) ; la surveillance repose sur des bases de données et un questionnaire, avec un risque de sous-déclaration.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.