Cardiac Screening for Conditions Associated With Sudden Cardiac Death: Yield, Interventions, and SCA/SCD Incidence in 104,369 Young Individuals
Chez le jeune, un dépistage cardiaque normal n’est pas définitif
Entre 2008 et 2018, 104 369 jeunes de 14 à 35 ans, issus de la population générale (9 % de sportifs), ont bénéficié d’un dépistage unique par questionnaire, ECG et échocardiographie sélective. Une affection associée au risque de mort subite a été identifiée chez 0,3 % d’entre eux, dont 41 % ont reçu une intervention modifiant le risque. Après un suivi moyen de 6 ans, 0,08 % des sujets jugés indemnes ont reçu un tel diagnostic ou ont présenté un arrêt cardiaque ou une mort subite, avec une incidence de 5,6 pour 100 000 personnes-années. Les auteurs plaident pour des évaluations répétées, la pénétrance des cardiopathies augmentant avec l’âge.
Question clinique
Chez le jeune de la population générale, que rapporte un dépistage cardiaque unique ? Quel est son rendement diagnostique, que devient ensuite le sujet jugé indemne, et quelle est l’incidence de l’arrêt cardiaque et de la mort subite après ce dépistage ?
Méthode
Entre 2008 et 2018, 104 369 sujets consécutifs de 14 à 35 ans (62 % d’hommes, 89 % de sujets blancs, 9 % de sportifs) ont bénéficié d’un dépistage unique associant questionnaire, ECG et échocardiographie sélective. Chaque participant a été vu par un cardiologue, qui a prescrit un bilan complémentaire lorsque cela se justifiait. Le devenir a été établi à partir des bases de données nationales et d’un questionnaire de suivi.
Résultats clés
- 2 619 sujets (2,5 %) ont été adressés pour un bilan complémentaire : 0,9 % pour des symptômes ou des antécédents familiaux préoccupants, 1,3 % pour un ECG anormal et 0,3 % pour les deux.
- Le dépistage a identifié 280 sujets (0,3 %) porteurs d’une affection associée à l’arrêt cardiaque ou à la mort subite, dont 115 (41 %) ont reçu une intervention modifiant le risque, parmi lesquelles 10 défibrillateurs implantables prophylactiques et 2 transplantations cardiaques.
- Sur un suivi moyen de 6,0 ± 2,5 ans, 86 sujets supplémentaires (0,08 %) ont reçu un tel diagnostic, dont 35 à l’occasion d’un arrêt cardiaque (15) ou d’une mort subite (20). L’incidence de l’arrêt cardiaque ou de la mort subite a été de 5,6 pour 100 000 personnes-années. Ces situations sont survenues à un âge médian de 23,8 ans et après un délai médian de 3,6 ans depuis le dépistage (extrêmes 0,2–11,7 ans).
- La sensibilité pour détecter ces affections était de 75,4 % pour l’ECG et de 32,5 % pour le questionnaire.
Limites
- Étude observationnelle sans groupe témoin non dépisté : elle ne démontre pas que le dépistage réduit la mortalité subite et ne tranche pas la question du coût par diagnostic.
- La population est majoritairement blanche et non sportive (9 % d’athlètes) ; la surveillance repose sur des bases de données et un questionnaire, avec un risque de sous-déclaration.