PAUSE CARDIO
Rythmologie · Essai randomisé · CMR GUIDE

Cardiovascular Magnetic Resonance to Guide Defibrillator Implantation for LVEF of 36% to 50%: The CMR GUIDE Randomized Clinical Trial

FEVG entre 36 et 50 % : le défibrillateur n’a pas démontré de bénéfice

JAMA · 28 août 2026 · ESC 2026

Chez 353 patients ayant une FEVG entre 36 et 50 % et une fibrose myocardique à l’IRM, un défibrillateur implantable a été comparé à un holter implantable sur un suivi médian de 6,3 ans. Le critère principal, mort subite ou arythmie ventriculaire mal tolérée sur le plan hémodynamique, est survenu chez 7,8 % des patients avec défibrillateur contre 9,2 % avec holter (HR 0,76 ; IC95 % 0,37–1,58) : la différence n’est pas significative. La mort subite seule, critère secondaire, a été moins fréquente avec le défibrillateur (1,7 % contre 5,8 %), et une analyse de sous-groupe suggère un effet avant 70 ans, ce qui ne vaut pas démonstration.

Résultat principalCritère principal : 7,8 % contre 9,2 % (HR 0,76 ; IC95 % 0,37–1,58) — mort subite seule : 1,7 % contre 5,8 % (HR 0,26 ; 0,07–0,95)
En pratiquechez un patient à FEVG modérément altérée, la présence d’une fibrose à l’IRM ne suffit pas, au vu de cet essai, à justifier un défibrillateur en prévention primaire : le critère principal n’est pas réduit. La réduction de la mort subite, critère secondaire, et le signal observé avant 70 ans peuvent justifier une discussion en centre expert chez un patient jeune porteur d’une fibrose étendue, en lui expliquant que le bénéfice reste à démontrer.

Question clinique

Le défibrillateur implantable n’est recommandé en prévention primaire qu’en dessous de 35 % de FEVG, alors qu’une part importante des morts subites survient entre 36 et 50 %. La fibrose myocardique, visible sous forme de rehaussement tardif à l’IRM cardiaque, permet-elle de sélectionner dans cette tranche les patients qui tireraient bénéfice d’un défibrillateur ?

Méthode

Essai randomisé ouvert mené dans 18 centres en Australie, en Allemagne et au Royaume-Uni, inclusions de 2015 à 2022, suivi médian de 6,3 ans. Au total, 353 adultes ayant une cardiomyopathie ischémique ou non ischémique, une FEVG entre 36 et 50 % sous traitement médical optimal et une fibrose myocardique définie à l’IRM ont été randomisés entre défibrillateur implantable en prévention primaire (n = 180) et holter implantable (n = 173). L’âge médian était de 65 ans ; 18 % des participants étaient des femmes, 72 % avaient une cardiopathie d’origine ischémique et 70 % une FEVG d’au moins 40 %. Le critère principal était un composite de mort subite et d’arythmie ventriculaire mal tolérée sur le plan hémodynamique.

Résultats clés

  • Critère principal : 14 patients (7,8 %) dans le groupe défibrillateur contre 16 (9,2 %) dans le groupe holter — HR 0,76 (IC95 % 0,37–1,58), différence non significative.
  • Les deux composantes évoluent en sens inverse : la mort subite est survenue chez 3 patients (1,7 %) avec défibrillateur contre 10 (5,8 %) avec holter (HR 0,26 ; IC95 % 0,07–0,95), tandis que les arythmies ventriculaires mal tolérées ont été plus fréquentes avec le défibrillateur, 12 (6,7 %) contre 6 (3,5 %) (HR 1,77 ; IC95 % 0,65–4,81).
  • La mortalité totale, la mortalité cardiovasculaire et les hospitalisations pour insuffisance cardiaque étaient comparables entre les groupes.
  • Dans une analyse préspécifiée de six sous-groupes, le critère principal a été moins fréquent avec le défibrillateur chez les patients de moins de 70 ans (3,3 % contre 10,0 % ; HR 0,28 ; IC95 % 0,09–0,89), mais pas à partir de 70 ans (16,9 % contre 7,5 % ; HR 2,33 ; IC95 % 0,75–7,26) ; p = 0,01 pour l’interaction.

Limites

  • Avec 30 événements pour 353 patients, l’essai a compté moins d’événements que prévu et n’a pas atteint la puissance visée : il montre une absence de preuve d’effet, non une preuve d’absence d’effet.
  • Essai ouvert, avec 11 % de changements de groupe dans le bras défibrillateur, et population mixte de cardiomyopathies ischémiques et non ischémiques.
  • La mort subite est une composante secondaire, et l’analyse par âge n’est que l’un des six sous-groupes préspécifiés : ces résultats génèrent une hypothèse, ils ne la démontrent pas.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.