PAUSE CARDIO
Onco-cardiologie · Méta-analyse

Cardiovascular risk-prediction models in cancer survivors: a meta-analysis.

Après un cancer, les scores de risque cardiovasculaire prédisent mal

European Heart Journal · 28 juillet 2026 · 34 études, 983 438 survivants du cancer, 27 scores de risque évalués

Cette méta-analyse de 34 études, portant sur 983 438 survivants adultes du cancer, a évalué 27 scores de risque cardiovasculaire, issus de la population générale ou conçus pour l’oncologie. Les critères prédits étaient les événements vasculaires, la dysfonction cardiaque liée aux traitements ou l’insuffisance cardiaque, les arythmies et un critère composite. Un tiers environ des évaluations score–critère atteint une discrimination acceptable à bonne (aire sous la courbe ≥ 0,70). La performance est plus régulière dans les cohortes de cancer du sein et nettement moins bonne chez les survivants d’hémopathies malignes.

Résultat principalDiscrimination acceptable à bonne (AUC ≥ 0,70) : environ un tiers des évaluations score–critère, sur 27 scores et 34 études (983 438 survivants du cancer)
En pratiquechez un patient qui a été traité pour un cancer, aucun score, générique ou spécifique, ne suffit à lui seul à guider la prévention cardiovasculaire. Les scores conçus pour l’oncologie, HFA-ICOS ou score d’Ezaz, peuvent aider à confirmer un risque élevé, mais leur sensibilité limitée ne permet pas de s’en servir pour écarter un risque de dysfonction cardiaque ou d’insuffisance cardiaque. En attendant des modèles validés par type de cancer et tenant compte des traitements reçus, l’évaluation du risque reste clinique.

Question clinique

Chez un survivant du cancer, les scores de risque cardiovasculaire — ceux de la population générale ou ceux conçus pour l’oncologie — prédisent-ils de façon fiable les événements vasculaires, la dysfonction cardiaque liée aux traitements (CTRCD), l’insuffisance cardiaque et les arythmies ?

Méthode

Revue systématique et méta-analyse de 34 études incluant 983 438 survivants adultes du cancer. Les modèles évalués prédisaient les événements vasculaires, la CTRCD ou l’insuffisance cardiaque, les arythmies et un critère composite d’événements cardiovasculaires ; 27 scores distincts ont été analysés. La discrimination était jugée acceptable à bonne à partir d’une aire sous la courbe (AUC) de 0,70. Une analyse en sous-groupes a comparé les performances selon le type de cancer.

Résultats clés

  • Environ un tiers des évaluations score–critère atteint une discrimination acceptable à bonne (AUC ≥ 0,70).
  • Parmi les scores de population générale, quatre atteignent ce seuil pour les événements vasculaires, trois pour la CTRCD ou l’insuffisance cardiaque et deux pour les arythmies ; pour le critère composite, seul le score néo-zélandais (New Zealand CVD score) y parvient.
  • Les scores propres à l’oncologie (HFA-ICOS, score d’Ezaz) sont très spécifiques pour certains critères et peuvent aider à affirmer un risque élevé, mais leur sensibilité plus faible limite leur usage pour écarter un risque de CTRCD ou d’insuffisance cardiaque.
  • La performance varie selon le cancer : discrimination plus régulière dans les cohortes de cancer du sein, nettement moins bonne chez les survivants d’hémopathies malignes, ce qui traduit une transposabilité limitée d’une population de cancer à l’autre.

Limites

  • L’hétérogénéité est inévitable dans un regroupement de 34 études et de 27 scores : les populations, les traitements reçus et les durées de suivi diffèrent d’une étude à l’autre.
  • Les performances rapportées proviennent d’études distinctes : les scores n’ont pas été comparés les uns aux autres dans une même population.
  • Aucun score n’atteint une discrimination fiable pour l’ensemble des critères cardiovasculaires dans toutes les populations de cancer.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.