Clopidogrel monotherapy versus aspirin monotherapy in females and males after percutaneous coronary intervention: a sex-stratified analysis of the SMART-CHOICE 3 trial.
Clopidogrel seul : l’effet ne dépend pas du sexe après angioplastie
Cette sous-étude préspécifiée de l’essai SMART-CHOICE 3 porte sur 5 506 patients à haut risque de récidive ischémique qui, après la durée standard de bithérapie antiplaquettaire suivant une angioplastie, ont été randomisés entre clopidogrel seul et aspirine seule. Les 1 002 femmes avaient un profil de risque plus élevé que les hommes, mais l’incidence du critère principal, qui associe décès toutes causes, infarctus du myocarde et AVC, ne différait pas significativement entre les sexes. Le clopidogrel a réduit ce critère chez les femmes (4,3 % contre 9,4 % ; HR ajusté 0,45 ; IC95 % 0,24–0,85), alors que la réduction n’atteignait pas la significativité chez les hommes (4,4 % contre 6,0 % ; HR ajusté 0,77 ; IC95 % 0,56–1,07). L’interaction entre le sexe et le traitement n’est pas significative (p = 0,288).
Question clinique
Après une angioplastie et une bithérapie antiplaquettaire de durée standard, le clopidogrel seul est apparu comme une alternative à l’aspirine seule chez les patients à haut risque de récidive ischémique. Le bénéfice du clopidogrel est-il le même chez les femmes et chez les hommes ?
Méthode
Il s’agit d’une sous-étude préspécifiée de l’essai randomisé SMART-CHOICE 3, conduit en Corée du Sud. Les patients à haut risque de récidive ischémique qui avaient terminé la durée standard de bithérapie après angioplastie ont été randomisés entre clopidogrel seul et aspirine seule. Le critère principal associe décès toutes causes, infarctus du myocarde et AVC. Les résultats ont été analysés séparément chez 1 002 femmes et 4 504 hommes, avec un test d’interaction entre le sexe et le traitement.
Résultats clés
- Les femmes avaient un profil de risque plus élevé, mais l’incidence du critère principal ne différait pas significativement de celle des hommes : 6,7 % contre 5,2 % (HR ajusté 0,89 ; IC95 % 0,62–1,28 ; p = 0,537).
- Chez les femmes, le clopidogrel a réduit le critère principal par rapport à l’aspirine : 4,3 % contre 9,4 % (HR ajusté 0,45 ; IC95 % 0,24–0,85 ; p = 0,014).
- Chez les hommes, la réduction n’a pas atteint la significativité : 4,4 % contre 6,0 % (HR ajusté 0,77 ; IC95 % 0,56–1,07 ; p = 0,116).
- L’interaction entre le sexe et le traitement n’est pas significative (p = 0,288) : l’effet du clopidogrel va dans le même sens dans les deux sexes.
Limites
- Les femmes sont peu nombreuses (1 002 patientes sur 5 506), ce qui limite la puissance des comparaisons par sexe ; la différence apparente d’ampleur de l’effet entre les sexes relève d’une analyse en sous-groupes et n’est pas confirmée par le test d’interaction.
- L’essai a été conduit dans un seul pays, ce qui limite la transposition de ses résultats à d’autres populations.