Conservative Oxygen for Unresponsive Patients after Cardiac Arrest
Après un arrêt cardiaque, limiter l’oxygène n’améliore pas le pronostic
Dans l’essai LOGICAL, 1 840 adultes restés comateux et ventilés en réanimation après un arrêt cardiaque ont été répartis entre une oxygénation conservatrice (alarme haute de SpO₂ réglée à 95 %, FiO₂ ramenée à 0,21 tant que la SpO₂ dépassait la limite basse) et une oxygénation libérale (FiO₂ minimale de 0,3, sans plafond de SpO₂). À 180 jours, 38,2 % des patients du groupe conservateur étaient vivants avec un devenir fonctionnel favorable, contre 39,7 % du groupe libéral (risque relatif 0,97 ; IC95 % 0,87–1,09 ; p = 0,65). Cet essai de supériorité est négatif : restreindre l’oxygène n’améliore pas le devenir de ces patients.
Question clinique
Chez le patient qui reste comateux après un arrêt cardiaque, limiter l’apport d’oxygène au strict nécessaire augmente-t-il les chances de survie avec un bon devenir fonctionnel ?
Méthode
Essai randomisé (LOGICAL) mené dans 53 réanimations d’Australie, de Nouvelle-Zélande et d’Irlande. 1 840 adultes ventilés et non réveillés après un arrêt cardiaque ont été répartis entre une oxygénation conservatrice (882 patients) et une oxygénation libérale (958 patients). Dans les deux groupes, la limite basse de SpO₂ était fixée par défaut à 90 %. Dans le groupe conservateur, l’alarme de limite haute de SpO₂ était réglée à 95 % et la FiO₂ ramenée à 0,21 dès lors que la SpO₂ restait au-dessus de la limite basse ; dans le groupe libéral, aucune mesure ne limitait la SpO₂ haute et la FiO₂ minimale autorisée sous ventilation mécanique était de 0,3. Le critère de jugement principal était la survie avec devenir fonctionnel favorable à 180 jours, mesurée par l’échelle de devenir de Glasgow étendue (GOS-E, graduée de 1 pour le décès à 8 pour le meilleur niveau de récupération) et définie par un score d’au moins 5, c’est-à-dire un handicap au plus modéré.
Résultats clés
- Un devenir fonctionnel favorable à 180 jours a été observé chez 313 des 819 patients évalués du groupe conservateur (38,2 %) et chez 353 des 890 patients évalués du groupe libéral (39,7 %) : risque relatif 0,97 (IC95 % 0,87–1,09 ; p = 0,65).
- Aucun événement indésirable n’a été rapporté.
Limites
- Les deux stratégies partagent la même limite basse de SpO₂ (90 %) : l’essai compare deux plafonds d’oxygénation et ne dit rien de l’oxygénothérapie elle-même.
- La population se limite aux patients ventilés et non réveillés en réanimation ; le critère principal n’a pu être évalué que chez 819 des 882 patients du groupe conservateur et 890 des 958 du groupe libéral.
- Il s’agit d’un essai de supériorité négatif : il n’établit pas l’équivalence des deux stratégies, mais l’intervalle de confiance rend improbable un bénéfice important de la restriction d’oxygène.