PAUSE CARDIO
Onco-cardiologie · Recommandations AHA

Coronary Atherosclerosis in Patients With Cancer and Survivors: A Scientific Statement From the American Heart Association

Plusieurs traitements du cancer accélèrent l’athérosclérose coronaire, selon l’AHA

Circulation · 9 février 2026 · statement scientifique de l’American Heart Association

Cancer et athérosclérose coronaire partagent des facteurs de risque — tabac, âge, obésité, hypertension, diabète — et des mécanismes inflammatoires, auxquels s’ajoute l’hématopoïèse clonale de signification indéterminée, qui prédispose aux deux maladies et amplifie le risque de cardiotoxicité des traitements. Plusieurs traitements anticancéreux accélèrent eux-mêmes l’athérogenèse par dysfonction endothéliale et instabilité des plaques : anthracyclines, 5-fluorouracile, inhibiteurs de tyrosine kinase, privation androgénique, inhibiteurs de l’aromatase, inhibiteurs de points de contrôle immunitaire et radiothérapie. Cette déclaration scientifique de l’AHA fait le point sur l’imagerie non invasive de dépistage et de surveillance, sur la place de l’imagerie invasive pour guider la revascularisation, et sur le traitement après angioplastie, à individualiser chez des patients à la fois plus exposés aux hémorragies et aux thromboses.

En pratiquechez un patient traité pour un cancer comme chez un patient guéri, le risque coronaire tient à la fois aux facteurs de risque communs aux deux maladies et à plusieurs traitements anticancéreux, et l’AHA juge sa stratification encore perfectible. Devant des symptômes ou un profil à risque, l’imagerie non invasive — coroscanner, imagerie nucléaire, IRM cardiaque ou échocardiographie — a toute sa place pour dépister et surveiller la maladie coronaire. Après angioplastie, la durée de la bithérapie antiplaquettaire se discute au cas par cas avec l’oncologue, en tenant compte du risque hémorragique lié au cancer et à ses traitements, le document mettant en avant les schémas abrégés. Ce sont des positions d’experts, et non des recommandations graduées.

Question clinique

Comment évaluer et prendre en charge l’athérosclérose coronaire chez les patients atteints de cancer et chez les survivants, dont le risque cardiovasculaire tient à la fois à des facteurs communs aux deux maladies et à certains traitements oncologiques ?

Méthode

Déclaration scientifique (scientific statement) de l’American Heart Association. Synthèse des données sur les mécanismes communs au cancer et à l’athérosclérose coronaire, sur les traitements anticancéreux en cause, sur les modalités d’imagerie de dépistage, de stratification du risque et de surveillance, et sur la prise en charge de la maladie coronaire, notamment après angioplastie, en contexte oncologique. Le document recense aussi les lacunes des connaissances.

Résultats clés

  • Facteurs de risque communs au cancer et à l’athérosclérose coronaire : tabagisme, âge, obésité, hypertension et diabète, auxquels s’ajoute l’hématopoïèse clonale de signification indéterminée (CHIP), qui prédispose aux deux maladies et amplifie le risque de cardiotoxicité des traitements du cancer.
  • L’inflammation joue un rôle central dans l’athérogenèse, que plusieurs traitements anticancéreux accélèrent par dysfonction endothéliale et instabilité des plaques : chimiothérapies (anthracyclines, 5-fluorouracile), thérapies ciblées et hormonales (inhibiteurs de tyrosine kinase, privation androgénique, inhibiteurs de l’aromatase), inhibiteurs de points de contrôle immunitaire et radiothérapie.
  • L’imagerie non invasive — coroscanner, imagerie nucléaire, IRM cardiaque, échocardiographie — est mise en avant pour le dépistage précoce, la stratification du risque et la surveillance de la maladie coronaire ; l’imagerie invasive est discutée pour guider les décisions de revascularisation.
  • Après angioplastie coronaire, compte tenu du risque hémorragique et thrombotique accru de ces patients, le document insiste sur une prise en charge individualisée des traitements et sur des schémas abrégés de bithérapie antiplaquettaire.
  • Il relève les lacunes des connaissances et le besoin de données supplémentaires pour améliorer la stratification du risque athéroscléreux chez les patients atteints de cancer, et appelle à une prise en charge intégrée et multidisciplinaire.

Limites

  • Il s’agit d’une déclaration scientifique — synthèse de la littérature et position d’experts — et non de recommandations graduées.
  • La déclaration relève elle-même des lacunes de connaissances, en particulier sur la stratification du risque athéroscléreux dans cette population.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.