PAUSE CARDIO
Imagerie cardiaque · Essai randomisé · SCOT-HEART à 10 ans

Coronary CT angiography-guided management of patients with stable chest pain: 10-year outcomes from the SCOT-HEART randomised controlled trial in Scotland

À dix ans, le bénéfice du coroscanner se maintient

The Lancet · janvier 2025 · 405(10475):329–337

Dans cet essai, 4 146 patients adressés en consultation pour douleur thoracique stable ont été randomisés entre la prise en charge habituelle seule et la même prise en charge complétée d’un coroscanner. Le suivi à 10 ans, assuré par chaînage aux registres nationaux, montre que le bénéfice observé à 5 ans persiste : un décès coronaire ou un infarctus non fatal est survenu chez 6,6 % des patients du groupe coroscanner, contre 8,2 % dans l’autre groupe (HR 0,79 ; IC95 % 0,63–0,99). Les revascularisations sont aussi nombreuses dans les deux groupes, alors que les traitements préventifs restent plus souvent prescrits après coroscanner : c’est le mécanisme que retiennent les investigateurs pour expliquer le bénéfice.

Résultat principalDécès coronaire ou IDM non fatal : 6,6 % contre 8,2 % — HR 0,79 (IC95 % 0,63–0,99)
En pratiqueà dix ans, la prise en charge guidée par le coroscanner reste associée à moins de décès coronaires et d’infarctus, sans augmentation des revascularisations. Le coroscanner ne sert donc pas seulement à écarter une coronaropathie : en révélant l’athérome, il conduit à prescrire davantage de traitements préventifs, et c’est ce mécanisme que les investigateurs retiennent pour expliquer le bénéfice. L’essai conforte le coroscanner en complément de l’évaluation d’une douleur thoracique stable, à condition de traiter ce qu’il montre ; il ne le compare pas aux tests d’ischémie.

Question clinique

Chez un patient exploré pour douleur thoracique stable, ajouter un coroscanner à la prise en charge habituelle modifie-t-il le pronostic à long terme ?

Méthode

Essai randomisé ouvert, multicentrique, en groupes parallèles, dans 12 consultations de cardiologie pour douleur thoracique en Écosse. Entre novembre 2010 et septembre 2014, 4 146 patients de 18 à 75 ans présentant des symptômes évoquant un angor stable (âge moyen 57 ans, 43,9 % de femmes) ont été randomisés 1:1 entre prise en charge habituelle plus coroscanner (2 073) et prise en charge habituelle seule (2 073). Analyse préspécifiée à 10 ans, en intention de traiter, à partir des registres nationaux (prescriptions, procédures coronaires, événements cliniques). Critère principal : décès d’origine coronaire ou infarctus du myocarde (IDM) non fatal.

Résultats clés

  • Suivi médian de 10,0 ans. Critère principal : 137 patients (6,6 %) dans le groupe coroscanner contre 171 (8,2 %) — HR 0,79 (IC95 % 0,63–0,99), p = 0,044.
  • IDM non fatal : 4,3 % contre 6,0 % (HR 0,72 ; 0,55–0,94 ; p = 0,017). Événements cardiovasculaires majeurs : 8,3 % contre 10,3 % (HR 0,80 ; 0,65–0,97 ; p = 0,026).
  • Pas de différence entre les groupes pour la mortalité toutes causes, cardiovasculaire et coronaire, ni pour les AVC non fatals.
  • Revascularisations coronaires identiques : 15,2 % contre 15,3 % (HR 1,00 ; 0,86–1,17). Traitement préventif prescrit chez 55,9 % des patients contre 49,0 %, parmi ceux dont les données étaient disponibles (OR 1,17 ; 1,01–1,36 ; p = 0,034).

Limites

  • Essai ouvert ; le résultat du critère principal est à la limite de la significativité (p = 0,044).
  • Recrutement de 2010 à 2014 : la prise en charge habituelle servant de comparateur a évolué depuis, et l’essai ne compare pas le coroscanner aux tests fonctionnels.
  • Population écossaise adressée en consultation spécialisée ; événements recueillis par chaînage aux registres.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.