PAUSE CARDIO
Onco-cardiologie · Essai randomisé

Coronary Plaque Progression After Androgen Deprivation Therapy in Men With Prostate Cancer: A Randomized Clinical Trial.

Sous leuprolide, la plaque coronaire progresse plus que sous relugolix

JAMA Cardiology · 18 février 2026 · essai randomisé ouvert, multicentrique, 62 patients analysés

Chez 62 hommes traités par radiothérapie pelvienne et privation androgénique pour un cancer de la prostate non métastatique, cet essai randomisé ouvert a comparé la progression de la plaque coronaire au coroscanner selon la molécule utilisée : le leuprolide, agoniste de la GnRH, ou le relugolix, antagoniste. À 12 mois, le volume total de plaque a augmenté davantage sous leuprolide (différence estimée +68,9 mm³ ; IC95 % 23,2–114,5 ; p = 0,02), une différence portée par la plaque non calcifiée, sans différence significative sur la plaque calcifiée ni sur la plaque de faible atténuation. L’effectif est petit et le critère de jugement anatomique, non clinique.

Résultat principalProgression du volume total de plaque coronaire à 12 mois, leuprolide contre relugolix : différence estimée +68,9 mm³ (IC95 % 23,2–114,5 ; p = 0,02), portée par la plaque non calcifiée (+64,5 mm³ ; IC95 % 31,6–97,3 ; p = 0,004)
En pratiquecet essai apporte un argument anatomique à l’hypothèse d’un effet plus défavorable des agonistes de la GnRH que des antagonistes sur l’athérosclérose coronaire, alors que les études cliniques comparant les deux classes ont donné des résultats discordants. Il ne permet pas, à lui seul, de fonder le choix de la molécule sur le risque cardiovasculaire : 62 hommes, 12 mois et un critère intermédiaire. Il s’ajoute aux données qui associent la privation androgénique à une morbidité cardiovasculaire et justifie l’attention portée au risque coronaire chez ces patients pendant le traitement.

Question clinique

Chez l’homme recevant une privation androgénique pour un cancer de la prostate localisé, la progression de la plaque coronaire diffère-t-elle selon que le traitement repose sur un agoniste (leuprolide) ou sur un antagoniste (relugolix) de la GnRH ?

Méthode

Essai randomisé ouvert mené dans quatre centres rattachés à une même institution universitaire (Atlanta, États-Unis), chez des hommes porteurs d’un cancer de la prostate non métastatique, jamais exposés à la privation androgénique, traités par radiothérapie pelvienne associée à une privation androgénique d’au moins six mois. Randomisation 1:1 entre le leuprolide et le relugolix. Critère principal : variation du volume total de plaque coronaire au coroscanner entre l’inclusion et 12 mois après le début du traitement ; critère secondaire : variation du volume de plaque non calcifiée ; autres critères : volumes de plaque calcifiée et de plaque de faible atténuation. Inclusions de juin 2022 à mars 2024.

Résultats clés

  • 65 hommes ont été inclus et 62 analysés (31 par bras) ; l’âge moyen était de 68,5 ans (écart-type 8,5) et 56 % prenaient une statine.
  • À 12 mois, l’augmentation du volume total de plaque a été plus marquée sous leuprolide que sous relugolix : différence estimée +68,9 mm³ (IC95 % 23,2–114,5 ; p = 0,02), après ajustement sur le volume de plaque initial, l’âge et la prise de statine.
  • Pour la plaque non calcifiée, la différence va dans le même sens : +64,5 mm³ (IC95 % 31,6–97,3 ; p = 0,004). Aucune différence significative n’apparaît pour le volume de plaque calcifiée ni pour celui de plaque de faible atténuation.

Limites

  • L’effectif est restreint (62 patients analysés) et les centres relèvent tous d’une même institution.
  • Le critère de jugement est anatomique — un volume de plaque au coroscanner — et non un critère d’événements cardiovasculaires.
  • Le suivi est limité à 12 mois et l’essai était ouvert.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.