PAUSE CARDIO
USIC · Réanimation cardiologique · Essai randomisé adaptatif · ICECAP

Duration of Therapeutic Hypothermia After Out-of-Hospital Cardiac Arrest: The ICECAP Randomized Clinical Trial

Arrêt cardiaque : prolonger l’hypothermie n’améliore pas le devenir neurologique

JAMA · 5 août 2026 · 71 hôpitaux américains

Au total, 1 158 adultes restés comateux après un arrêt cardiaque extrahospitalier, refroidis à 33 °C, ont été randomisés de façon adaptative entre dix durées d’hypothermie allant de 6 à 72 heures. Prolonger le refroidissement n’a pas amélioré la fonction neurologique à 90 jours, ni en rythme non choquable ni en rythme choquable, et la mortalité n’a pas différé selon la durée. L’essai a été arrêté à l’analyse intermédiaire selon une règle prédéfinie.

Résultat principalProbabilité que 6 heures soit la durée la plus courte donnant le meilleur résultat neurologique (rythme non choquable) : 0,51 · aucune différence de mortalité entre les durées
En pratiqueChez le patient comateux après un arrêt cardiaque extrahospitalier traité par hypothermie à 33 °C, prolonger le refroidissement au-delà de quelques heures n’a pas amélioré la récupération neurologique à 90 jours. Ce résultat n’incite pas à allonger la durée du contrôle thermique ; il ne tranche pas la question de l’intérêt de l’hypothermie elle-même. Les recommandations AHA 2025 restent le cadre de référence.

Question clinique

L’hypothermie thérapeutique est largement utilisée après un arrêt cardiaque, mais les essais n’ont pas montré de façon constante un bénéfice neurologique, et sa durée optimale reste inconnue. Combien de temps faut-il maintenir l’hypothermie chez le patient qui reste comateux ?

Méthode

Essai multicentrique randomisé à allocation adaptative, mené dans 71 hôpitaux américains entre juin 2020 et juin 2025. Les patients inclus étaient des adultes victimes d’un arrêt cardiaque extrahospitalier, restés inconscients, dont la température était descendue sous 34 °C dans les 4 heures suivant l’arrêt et qui disposaient d’un dispositif de contrôle thermique. Au total, 1 158 patients ont été randomisés (883 en rythme non choquable, 275 en rythme choquable), d’âge médian 61 ans, dont 39,6 % de femmes. Tous étaient refroidis à 33 °C, selon l’une des dix durées possibles (6, 12, 18, 24, 30, 36, 42, 48, 60 et 72 heures) : les 200 premiers patients ont été répartis à parts égales entre 12, 24 et 48 heures, puis un algorithme de randomisation adaptative a orienté les suivants de préférence vers les durées jugées les plus prometteuses, séparément pour chaque type de rythme. Le critère de jugement principal était la fonction neurologique à 90 jours, mesurée par un score de Rankin modifié pondéré et analysée par un modèle bayésien durée–réponse ; pour chaque durée, l’analyse estime la probabilité d’être « optimale », c’est-à-dire d’être la durée la plus courte donnant le meilleur résultat observé.

Résultats clés

  • L’essai a atteint une règle d’arrêt prédéfinie à l’analyse intermédiaire.
  • En rythme non choquable, la probabilité a posteriori que 6 heures soit la durée la plus courte donnant le meilleur score de Rankin pondéré moyen était de 0,51.
  • En rythme choquable, les résultats étaient similaires.
  • Aucune différence n’a été observée sur les critères secondaires ni sur la mortalité entre les durées de refroidissement.

Limites

  • Tous les patients ont été refroidis à 33 °C : l’essai compare des durées d’hypothermie, il ne dit pas si l’hypothermie elle-même est utile.
  • Une probabilité de 0,51 laisse une incertitude réelle sur la durée optimale ; le résultat solide est l’absence de bénéfice d’un refroidissement prolongé.
  • La cohorte en rythme choquable est plus petite (275 patients), et ses résultats sont décrits comme similaires, sans détail chiffré dans le résumé.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.