PAUSE CARDIO
Insuffisance cardiaque · Essai randomisé en grappes · TIME-HF

Effectiveness of Nurse-Coordinated, Digital-Supported Collaborative Care Model in Reducing Hospital Stay and Mortality Among Patients With Heart Failure: TIME-HF Cluster RCT India.

Un suivi infirmier connecté réduit la mortalité de l’insuffisance cardiaque

Circulation · 30 août 2026 · 1 507 patients, 22 centres en Inde, suivi de 2 ans · ESC 2026

Cet essai randomisé en grappes, mené dans 22 centres d’Inde chez 1 507 patients atteints d’insuffisance cardiaque à FEVG réduite, a comparé pendant deux ans les soins usuels à un parcours coordonné par des infirmiers et appuyé par une application mobile (stratification du risque, optimisation du traitement, éducation, suivi actif). Le critère principal, le nombre de jours vécus hors de l’hôpital, a augmenté avec le parcours coordonné. La mortalité toutes causes, critère secondaire, a été plus basse : 21,6 % contre 26,7 % (HR ajusté 0,78 ; IC95 % 0,63–0,95). Ces résultats suggèrent qu’une organisation des soins mieux structurée peut améliorer la survie là où le traitement recommandé reste sous-utilisé.

Résultat principalMortalité toutes causes à 2 ans : 21,59 % avec le parcours coordonné contre 26,73 % en soins usuels (risque relatif 0,80 ; IC95 % 0,67–0,97 ; HR ajusté 0,78 ; IC95 % 0,63–0,95 ; p = 0,028) · probabilité de rester vivant sans hospitalisation à 730 jours : 84,0 % contre 79,4 %
En pratiquedans l’insuffisance cardiaque à FEVG réduite, cet essai montre qu’une organisation des soins — infirmier coordinateur, optimisation du traitement, suivi actif appuyé par une application — augmente le temps vécu hors de l’hôpital et s’accompagne d’une mortalité plus basse à deux ans. Il apporte un argument en faveur des protocoles de coopération et des programmes de suivi structuré autour du patient insuffisant cardiaque. L’intervention étant composite, l’essai ne dit pas quelle en est la partie active, et l’ampleur du bénéfice ne se transpose pas telle quelle à un système où le traitement est déjà mieux optimisé.

Question clinique

L’insuffisance cardiaque à FEVG réduite reste grevée d’une mortalité et de réhospitalisations élevées, en partie parce que le traitement recommandé y est souvent incomplètement prescrit, titré et suivi. Un modèle de soins collaboratif, coordonné par des infirmiers et soutenu par un outil numérique, augmente-t-il le nombre de jours vécus hors de l’hôpital et améliore-t-il la survie en conditions réelles ?

Méthode

Essai randomisé en grappes, en groupes parallèles, mené dans 22 centres d’Inde tirés au sort 1:1 entre l’intervention et les soins usuels. L’essai a inclus 1 507 adultes atteints d’insuffisance cardiaque à FEVG réduite, 755 dans le groupe intervention et 752 en soins usuels : âge moyen 61,9 ans, 77,6 % d’hommes, cardiopathie ischémique en cause dans 77,4 % des cas, 57,3 % de patients vivant en zone rurale et 70 % de faible niveau d’instruction. L’intervention associait une stratification du risque, une optimisation du mode de vie et du traitement, et un programme de suivi de la maladie coordonné par un infirmier et appuyé par une application mobile (éducation à l’autosoin, rappels actifs, surveillance ambulatoire continue) pendant toute la durée de l’étude. Le critère de jugement principal était le nombre de jours vécus hors de l’hôpital sur deux ans, analysé par un modèle bêta à inflation en 1, adapté à la forte proportion de patients ayant passé la totalité des 730 jours hors de l’hôpital ; la mortalité toutes causes était un critère secondaire, analysée par un modèle de Cox tenant compte de la structure en grappes. Tous les participants sauf un ont achevé les 24 mois de suivi.

Résultats clés

  • Probabilité de rester vivant sans hospitalisation jusqu’à 730 jours : 84,0 % (IC95 % 82,2–85,8) avec l’intervention contre 79,4 % (IC95 % 77,7–81,2) en soins usuels, soit 4,5 points de plus selon les auteurs ; la cote d’avoir passé la totalité des 730 jours hors de l’hôpital était supérieure de 78 % dans le groupe intervention (odds ratio 1,78 ; IC95 % 1,42–2,23).
  • Décès toutes causes : 163 (21,59 %) avec l’intervention contre 201 (26,73 %) en soins usuels ; risque relatif 0,80 (IC95 % 0,67–0,97) et HR ajusté 0,78 (IC95 % 0,63–0,95 ; p = 0,028), soit une réduction relative de 22 % et une différence absolue de 5,1 points, ce qui correspond à environ 20 patients à prendre en charge pendant deux ans pour éviter un décès.

Limites

  • Contexte indien (accès aux soins, niveau d’instruction, prescription initiale souvent incomplète) : l’ampleur du bénéfice dépend de la marge de progression du système de soins, plus étroite là où l’insuffisance cardiaque est déjà suivie en filière structurée.
  • Essai ouvert et randomisé par centre : risque de déséquilibre entre grappes et de biais de prise en charge ; la mortalité n’était qu’un critère secondaire.
  • Intervention composite : l’essai ne permet pas de savoir ce qui compte le plus, l’infirmier coordinateur, l’application mobile ou l’optimisation du traitement.
  • La proportion de patients recevant l’ensemble du traitement recommandé à deux ans n’est pas rapportée, alors que l’optimisation thérapeutique est le mécanisme supposé du bénéfice.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.