PAUSE CARDIO
Prévention · Essai randomisé · VESALIUS-CV · analyse préspécifiée

Effects of Evolocumab on Mortality Outcomes in Patients Without Previous Myocardial Infarction or Stroke: A Prespecified Analysis of the VESALIUS-CV Randomized Clinical Trial.

Sans infarctus préalable, l’évolocumab réduit aussi la mortalité totale

Circulation · 31 août 2026 · 12 257 patients, double insu contre placebo · ESC 2026

Chez 12 257 patients à haut risque n’ayant jamais fait d’infarctus ni d’AVC (athérosclérose établie ou diabète à haut risque, LDL-cholestérol d’au moins 0,90 g/L), l’évolocumab a réduit la mortalité toutes causes de 20 % par rapport au placebo sur un suivi médian de 4,6 ans (HR 0,80 ; IC95 % 0,70–0,91), avec une baisse cohérente des décès cardiovasculaires. Un modèle multi-états suggère que l’effet observé sur les décès non cardiovasculaires tient pour l’essentiel à la prévention des infarctus, AVC et revascularisations qui les précèdent. Il s’agit d’une analyse préspécifiée : la mortalité n’était pas le critère principal de l’essai.

Résultat principalMortalité toutes causes à 5 ans : 7,9 % sous évolocumab contre 9,7 % sous placebo (HR 0,80 ; IC95 % 0,70–0,91) · décès cardiovasculaires HR 0,79 ; IC95 % 0,64–0,98
En pratiqueChez le patient à haut risque qui n’a jamais fait d’infarctus ni d’AVC — coronarien stable, artéritique ou diabétique à haut risque dont le LDL-cholestérol reste au-dessus de 0,90 g/L —, l’argument en faveur d’un inhibiteur de PCSK9 ne se limite plus aux événements non fatals : cette analyse préspécifiée y ajoute une baisse de la mortalité toutes causes. Elle suggère que les infarctus, AVC et revascularisations évités pèsent sur la survie des années suivantes, sans que l’essai ait comparé une intensification précoce à une intensification plus tardive. Le résultat porte sur un critère secondaire, dans une population sélectionnée : il conforte l’essai principal sans élargir ses indications.

Question clinique

L’essai VESALIUS-CV a montré que l’évolocumab, inhibiteur de PCSK9, réduit les événements cardiovasculaires chez des patients à haut risque n’ayant jamais fait d’infarctus ni d’AVC. Modifie-t-il aussi la mortalité, et par quel enchaînement ?

Méthode

Analyse préspécifiée de l’essai randomisé en double insu VESALIUS-CV. 12 257 patients (âge médian 66 ans, 43 % de femmes) avaient été répartis entre évolocumab et placebo. Tous avaient une athérosclérose répondant aux critères d’inclusion ou un diabète à haut risque, sans antécédent d’infarctus ni d’AVC, et un LDL-cholestérol d’au moins 90 mg/dL (0,90 g/L), un cholestérol non-HDL d’au moins 120 mg/dL ou une apolipoprotéine B d’au moins 80 mg/dL. Les critères de mortalité préspécifiés étaient la mortalité toutes causes, les décès cardiovasculaires, non cardiovasculaires et de cause indéterminée, ainsi que leur chronologie. Un modèle multi-états a estimé quelle part de l’effet observé sur les décès non cardiovasculaires revenait à la prévention des événements non fatals survenus auparavant (infarctus, AVC ischémique, revascularisation artérielle pour ischémie). Le suivi médian a été de 4,6 ans.

Résultats clés

  • Au total, 973 patients (7,9 %) sont décédés : 36 % de cause cardiovasculaire, 51 % de cause non cardiovasculaire et 13 % de cause indéterminée.
  • Mortalité toutes causes : 434 décès sous évolocumab, soit un taux de Kaplan-Meier à 5 ans de 7,9 %, contre 539 décès sous placebo, soit 9,7 % (HR 0,80 ; IC95 % 0,70–0,91 ; p = 0,0005). Sur la base de ces deux taux à 5 ans, il faudrait traiter environ 56 patients pendant 5 ans pour éviter un décès.
  • Décès cardiovasculaires : 2,8 % contre 3,6 % (HR 0,79 ; IC95 % 0,64–0,98). Décès non cardiovasculaires : 4,2 % contre 5,0 % (HR 0,85 ; IC95 % 0,71–1,01). Décès de cause indéterminée : 1,1 % contre 1,4 % (HR 0,64 ; IC95 % 0,45–0,92).
  • Le résultat était cohérent quels que soient l’âge, le sexe, la région, l’origine, le motif d’inclusion (athérosclérose ou diabète à haut risque), le LDL-cholestérol de départ et le traitement hypolipémiant de fond.
  • Un infarctus, un AVC ischémique ou une revascularisation survenus pendant l’essai étaient associés à un risque accru de décès non cardiovasculaire dans les 4 ans suivants, la plupart de ces décès étant observés dans la première année. Le modèle multi-états attribue 78 % (intervalle interquartile par bootstrap 71–92 %) de l’effet observé sur les décès non cardiovasculaires à la prévention de ces événements.

Limites

  • L’analyse est préspécifiée mais secondaire : la mortalité n’était pas le critère principal de l’essai et ce résultat conforte l’effet global sans constituer une démonstration indépendante.
  • Prise isolément, la baisse des décès non cardiovasculaires n’atteint pas le seuil de significativité statistique. Le modèle multi-états reste par ailleurs une reconstruction statistique : il suggère un enchaînement, il ne l’établit pas.
  • La population est sélectionnée et à haut risque, avec un LDL-cholestérol d’au moins 0,90 g/L : les résultats ne s’extrapolent pas à la prévention primaire à bas risque.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.