Eplontersen for Transthyretin Amyloid Cardiomyopathy
L’eplontersen ne réduit pas les événements dans l’amylose cardiaque
Chez 1 432 patients atteints d’amylose cardiaque à transthyrétine, l’eplontersen, oligonucléotide antisens qui réduit la production hépatique de transthyrétine, a été comparé au placebo pendant 140 semaines, en plus du traitement habituel. Il n’a pas réduit le critère principal, qui associait décès cardiovasculaires et événements cardiovasculaires récurrents : 29,4 % des patients ont présenté au moins un événement sous eplontersen contre 32,2 % sous placebo (rapport de taux 0,89 ; IC95 % 0,73–1,09 ; p = 0,28). Ce résultat contraste avec celui du vutrisiran dans HELIOS-B et invite à ne pas considérer comme interchangeables les traitements qui abaissent la transthyrétine.
Question clinique
Réduire la production hépatique de transthyrétine améliore-t-il le pronostic de l’amylose cardiaque à transthyrétine, en plus du traitement habituel, qui comprend désormais souvent un stabilisateur de la transthyrétine ?
Méthode
Essai de phase 3 international, randomisé en double aveugle, mené dans 130 centres de 20 pays. Au total, 1 432 patients atteints d’amylose cardiaque à transthyrétine, sauvage ou héréditaire, ont reçu, en plus du traitement habituel, l’eplontersen 45 mg par voie sous-cutanée toutes les 4 semaines (715 patients) ou un placebo (717) pendant 140 semaines. Âge moyen 76,4 ans, 90,6 % d’hommes ; 57 % recevaient déjà un stabilisateur de la transthyrétine à l’inclusion. Le critère de jugement principal était le composite cumulé des décès cardiovasculaires et des événements cliniques cardiovasculaires récurrents jusqu’à la semaine 140.
Résultats clés
- Au total, 381 événements du critère principal sont survenus chez 210 patients (29,4 %) sous eplontersen, contre 392 événements chez 231 patients (32,2 %) sous placebo : rapport de taux 0,89 (IC95 % 0,73–1,09 ; p = 0,28).
- Les décès cardiovasculaires, composante du critère principal, ont touché 74 patients sous eplontersen contre 70 sous placebo ; on a compté 307 événements cliniques cardiovasculaires contre 322.
- Pour le composite des décès toutes causes et des événements cardiovasculaires, le rapport de taux est de 0,86 (IC95 % 0,71–1,04).
- Dans l’analyse en sous-groupes préspécifiée selon la prise d’un stabilisateur à l’inclusion, les patients traités par eplontersen seul, sans stabilisateur, ont présenté moins d’événements du critère principal que sous placebo, avec une significativité seulement nominale ; aucun bénéfice supplémentaire n’a été observé chez ceux qui recevaient déjà un stabilisateur.
- La tolérance est comparable : des événements indésirables graves sont survenus chez 413 patients (57,8 %) sous eplontersen contre 426 (59,4 %) sous placebo.
Limites
- L’essai a débuté avant la généralisation des stabilisateurs, mais 57 % des patients en recevaient un à l’inclusion : la marge de bénéfice attendue en était réduite.
- L’analyse selon le stabilisateur est une analyse en sous-groupes, nominalement significative dans un seul sous-groupe : elle soulève une hypothèse, elle ne la démontre pas.
- La population est très majoritairement masculine (90,6 %) et âgée ; les résultats s’extrapolent mal aux femmes et aux patients plus jeunes.