Exercise stress echocardiography for diagnosis of heart failure with preserved ejection fraction: a multicentre study.
L’écho d’effort ne suffit pas sans le strain atrial
Chez 482 patients explorés pour une dyspnée chronique inexpliquée, tous soumis à un cathétérisme d’effort avec échocardiographie simultanée (386 avec insuffisance cardiaque à FEVG préservée, 96 avec dyspnée non cardiaque), les scores diagnostiques actuels combinés à l’écho d’effort n’ont détecté la maladie qu’avec une sensibilité de 55 à 60 %. L’ajout de la compliance atriale gauche de repos (strain réservoir divisé par E/e’), avec des seuils distincts pour affirmer et pour écarter le diagnostic, porte la sensibilité à 95–99 % chez les patients classés. La part des patients à qui un cathétérisme d’effort reste nécessaire passe ainsi d’environ 60 % à environ 30 %. Ces résultats ont été reproduits dans une cohorte de validation internationale.
Question clinique
L’échocardiographie d’effort est recommandée comme alternative au cathétérisme d’effort pour diagnostiquer l’insuffisance cardiaque à FEVG préservée, mais sans modalités d’utilisation validées. Les algorithmes actuels (scores H2FPEF, HFA-PEFF et HFpEF-ABA) gagnent-ils à être combinés à l’écho d’effort, et la compliance atriale gauche de repos améliore-t-elle le tri des patients ?
Méthode
Étude diagnostique chez des patients adressés pour dyspnée chronique inexpliquée, tous explorés par cathétérisme d’effort avec échocardiographie simultanée, la mesure hémodynamique invasive servant de référence. Dérivation chez 482 patients (386 avec insuffisance cardiaque à FEVG préservée, 96 avec dyspnée non cardiaque), puis validation dans une cohorte multicentrique internationale de patients ayant eu une échocardiographie de repos et d’effort et un cathétérisme d’effort. La compliance atriale gauche est définie par le strain réservoir de l’oreillette gauche divisé par le rapport E/e’.
Résultats clés
- Avec les scores diagnostiques pris un à un et l’écho d’effort telle qu’elle est aujourd’hui recommandée, la sensibilité n’était que de 55 à 60 % et l’exactitude de 61 à 67 %.
- L’ajout d’une compliance atriale de repos anormale portait la sensibilité à 84–85 %, au prix d’un taux de faux positifs de 31 à 43 %.
- Deux seuils distincts ont ensuite été appliqués, l’un pour affirmer le diagnostic (E/e’ à l’effort ≥ 13,8 ou compliance atriale de repos ≤ 1,6 %), l’autre pour l’écarter (E/e’ à l’effort < 7,2 et compliance atriale > 4,4 %), les patients situés entre les deux restant indéterminés et adressés au cathétérisme. La sensibilité atteignait alors 95 à 99 % parmi les patients classés, et la part de ceux qui nécessitaient l’exploration invasive passait d’environ 60 % à environ 30 %.
- Les résultats ont été reproduits dans la cohorte de validation internationale.
Limites
- Population adressée à des centres experts pour cathétérisme d’effort, avec une prévalence élevée de la maladie (386 patients sur 482 dans la cohorte de dérivation) : les performances peuvent différer en consultation courante.
- Le strain atrial et le E/e’ à l’effort exigent une acquisition de qualité, qui n’est pas toujours obtenue en pratique courante.
- Étude diagnostique : elle ne montre pas que ce tri améliore le devenir des patients.