Exploration of Arrhythmia Burden in Cardiac Amyloidosis Using Implantable Loop Recorders: The EXCALIBUR Study
Amylose cardiaque : les arythmies sont fréquentes et souvent silencieuses
Dans cette étude prospective monocentrique, 110 patients chez qui une amylose cardiaque à transthyrétine ou à chaînes légères venait d’être diagnostiquée, et qui n’étaient pas encore traités, ont reçu un moniteur cardiaque implantable après un bilan complet comprenant une IRM cardiaque. Une bradyarythmie justifiant un stimulateur (indication de classe I) est survenue chez 17,3 % des patients (23,8 % dans l’amylose à transthyrétine contre 8,5 % dans l’amylose AL) et une fibrillation atriale nouvelle chez 28,2 % de ceux qui n’en avaient pas ; ces arythmies étaient souvent asymptomatiques. Les troubles de conduction initiaux et la charge amyloïde myocardique sont associés à la survenue de ces événements.
Question clinique
Quelle est la fréquence réelle des arythmies au cours de l’amylose cardiaque, alors que leur dépistage repose habituellement sur des enregistrements de courte durée et sur les symptômes rapportés par le patient ?
Méthode
Étude observationnelle prospective monocentrique. Cent dix patients non encore traités, avec un diagnostic récent d’amylose cardiaque à transthyrétine (43 formes sauvages, 20 héréditaires) ou à chaînes légères (47 patients), ont bénéficié d’un bilan complet comprenant une IRM cardiaque, puis de la pose d’un moniteur cardiaque implantable, ou Holter implantable ; les événements rythmiques ont ensuite été recueillis en continu.
Résultats clés
- Une bradyarythmie justifiant un stimulateur (indication de classe I) est survenue chez 17,3 % des patients, plus souvent dans l’amylose à transthyrétine que dans l’amylose AL (15 patients, soit 23,8 %, contre 4, soit 8,5 % ; p = 0,036).
- Une fibrillation atriale nouvelle est apparue chez 28,2 % des patients qui n’en avaient pas (50,0 % dans l’amylose à transthyrétine contre 12,2 % dans l’amylose AL ; p < 0,001).
- Les troubles de conduction initiaux et la charge amyloïde myocardique sont associés à la survenue des bradyarythmies (durée du QRS : sHR 1,03, IC95 % 1,01–1,04 ; volume extracellulaire à l’IRM : sHR 1,06, IC95 % 1,02–1,10), et la charge amyloïde à celle de la fibrillation atriale (volume extracellulaire : sHR 1,04, IC95 % 1,00–1,08).
- Vingt et un patients sont décédés pendant le suivi (19,1 %) : 10 dans l’amylose à transthyrétine (15,9 %) et 11 dans l’amylose AL (23,4 %). Chez les 10 patients décédés d’amylose à transthyrétine, le rythme terminal enregistré était dans tous les cas une activité électrique sans pouls (AESP) ; chez les 11 patients décédés d’amylose AL, il s’agissait d’une AESP chez 9 (81,8 %) et d’une arythmie ventriculaire soutenue chez 2 (18,2 %).
Limites
- Il s’agit d’une cohorte monocentrique de 110 patients suivis dans un centre de référence de l’amylose : les patients y sont probablement plus graves que ceux vus en consultation courante.
- L’étude est descriptive : elle ne montre pas qu’un dépistage rythmique systématique ou une stimulation plus précoce améliorent le pronostic.
- La durée de suivi n’est pas précisée dans le résumé, ce qui empêche de rapporter ces pourcentages à une période donnée ; le nombre de décès analysés est faible.