Fifth Universal Definition of Myocardial Infarction (2026)
L’infarctus devient primaire, secondaire ou lié à un geste
La cinquième définition universelle de l’infarctus, publiée conjointement par l’ESC, l’ACC, l’AHA et la World Heart Federation, remplace les types numérotés (type 1, type 2, type 4c…) par trois catégories descriptives. L’infarctus est dit primaire lorsqu’il résulte d’une atteinte de l’artère coronaire elle-même, secondaire lorsqu’il découle d’un déséquilibre entre apports et besoins en oxygène du myocarde, et lié à un geste lorsqu’il survient dans les 30 jours d’une procédure ou d’une chirurgie. La distinction entre infarctus et lésion myocardique est maintenue.
Question clinique
La quatrième définition universelle (2018) classait les infarctus par types numérotés, dont l’application variait d’un service à l’autre : un même patient pouvait repartir avec un diagnostic d’infarctus de « type 2 » ici et de « lésion myocardique » là, avec des conséquences thérapeutiques et administratives différentes. Comment rendre ce diagnostic plus reproductible et plus compréhensible ?
Méthode
Document de consensus rédigé par un groupe de travail conjoint de l’ESC, de l’American College of Cardiology, de l’American Heart Association et de la World Heart Federation. Il a été publié le 28 août 2026 simultanément dans l’European Heart Journal, Circulation et le JACC, et présenté au congrès de l’ESC 2026.
Résultats clés
- Trois catégories descriptives remplacent les types numérotés : l’infarctus primaire (rupture ou érosion de plaque, dissection, spasme, thrombose coronaire), l’infarctus secondaire (déséquilibre entre apports et besoins en oxygène : anémie, tachyarythmie, poussée hypertensive, état de choc…) et l’infarctus lié à un geste (dans les 30 jours d’une angioplastie, d’un pontage ou d’une chirurgie).
- Le vocabulaire est aligné sur la classification internationale des maladies (CIM-11), ce qui doit rendre comparables les données de santé publique d’un pays à l’autre.
- La dissection coronaire spontanée, qui touche surtout des femmes et reste sous-diagnostiquée, figure explicitement parmi les causes d’infarctus primaire, à côté de l’athérothrombose.
- La distinction entre infarctus (nécrose d’origine ischémique) et lésion myocardique (élévation de la troponine sans ischémie) est maintenue et précisée.
Limites
- Un changement de nomenclature n’est pas un essai clinique : le bénéfice attendu porte sur la cohérence des diagnostics, non sur le pronostic des patients.
- Une période de transition est à prévoir : courriers, comptes rendus et registres continueront quelque temps de parler d’infarctus de « type 2 ».