High intensity exercise programme in patients with hypertrophic cardiomyopathy: a randomized trial (SAFE-HCM)
L’exercice intense encadré paraît faisable dans la cardiomyopathie hypertrophique
Chez 80 patients de 16 à 60 ans atteints d’une cardiomyopathie hypertrophique, cet essai randomisé de faisabilité a comparé les soins usuels seuls aux mêmes soins complétés par un programme supervisé d’exercice d’intensité élevée, conduit pendant 12 semaines. Le critère exploratoire de sécurité, composite d’événements liés à une arythmie, n’a pas différé entre les groupes (p = 0,99). À 12 semaines, le pic de VO₂ a augmenté de 4,1 mL/kg/min de plus dans le groupe exercice que sous soins usuels (IC95 % 1,1–7,1), avec une pression artérielle systolique plus basse et des scores d’anxiété et de dépression améliorés. La plupart de ces gains s’étaient estompés six mois après la fin du programme.
Question clinique
Un programme d’exercice d’intensité élevée est-il réalisable chez des patients atteints de cardiomyopathie hypertrophique, et quels sont ses effets sur la sécurité rythmique, la capacité cardiorespiratoire et le bien-être psychologique ?
Méthode
L’essai randomisé SAFE-HCM a été mené dans trois centres tertiaires londoniens chez des patients de 16 à 60 ans, en classe NYHA I ou II et capables de faire un effort : un programme supervisé de 12 semaines venant s’ajouter aux soins usuels (n = 40) a été comparé aux soins usuels seuls (n = 40). La faisabilité constituait le critère principal (recrutement, adhésion, maintien dans l’étude, encadrement, acceptabilité). Le critère exploratoire de sécurité était un composite d’événements liés à une arythmie ; les critères exploratoires secondaires portaient sur la capacité cardiorespiratoire, les facteurs de risque cardiovasculaire, la qualité de vie, l’anxiété et la dépression. Le groupe exercice a été réévalué six mois après la fin du programme.
Résultats clés
- Au total, 67 participants (84 %) ont terminé l’étude, 34 dans le groupe exercice et 33 dans le groupe soins usuels ; les abandons tenaient aux déplacements, au travail et aux contraintes familiales. L’encadrement a respecté les normes nationales de réadaptation cardiaque.
- Le critère exploratoire de sécurité n’a pas différé entre les groupes (p = 0,99) : un participant du groupe exercice a présenté une syncope à l’effort, après une asystolie ventriculaire survenue pendant l’exercice, et un participant du groupe soins usuels une tachycardie ventriculaire soutenue.
- À 12 semaines, par rapport aux soins usuels, le pic de VO₂ (+4,1 mL/kg/min ; IC95 % 1,1–7,1) et la VO₂ au seuil anaérobie (+2,3 mL/kg/min ; IC95 % 0,4–4,1) ont davantage augmenté dans le groupe exercice, avec une pression artérielle systolique plus basse (−7,3 mm Hg ; IC95 % −11,7 à −2,8) et un indice de masse corporelle plus bas (−0,8 kg/m² ; IC95 % −1,1 à −0,4).
- À l’échelle hospitalière d’anxiété et de dépression, les scores d’anxiété (−3 ; IC95 % −4,3 à −1,7) et de dépression (−1,7 ; IC95 % −2,9 à −0,5) se sont davantage améliorés dans le groupe exercice. La plupart des gains s’étaient estompés six mois après la fin du programme.
Limites
- C’est un essai de faisabilité à effectif réduit : la puissance est insuffisante pour conclure sur des événements rythmiques rares, et la sécurité à long terme de l’exercice intense reste à établir.
- Le programme était supervisé en centre spécialisé, chez des patients de 16 à 60 ans peu symptomatiques : les résultats ne se transposent pas d’emblée à un exercice non encadré ni aux patients plus âgés ou plus gênés.
- Les critères d’efficacité étaient exploratoires, et les gains ne se sont pas maintenus six mois après la fin du programme.