PAUSE CARDIO
Interventionnel & structurel · Essai randomisé en grappes · ICare-FASTER

ICare-FASTER (Improving Care by Faster Risk Stratification Through Use of High-Sensitivity Point-of-Care Troponin in Patients Presenting With Possible Acute Coronary Syndrome in the Emergency Department): A Stepped-Wedge Cluster-Randomized Trial.

La troponine délocalisée raccourcit le passage aux urgences

Circulation · 19 octobre 2026 · Essai pragmatique randomisé en grappes, 6 services d’urgences, 59 980 passages

Cet essai pragmatique randomisé en grappes a comparé le dosage délocalisé de la troponine I hypersensible sur sang total et le dosage au laboratoire central, au sein du même parcours diagnostique accéléré à prélèvement unique, dans six services d’urgences. Sur 59 980 passages pour suspicion d’infarctus, le dosage délocalisé a réduit la durée de passage de 13 % (IC95 % 9–16 %), soit 47 minutes de moins (IC95 % 33–61) pour une durée moyenne de 376 minutes dans le bras témoin. Le taux d’infarctus ou de décès cardiaque à 30 jours était comparable dans les deux bras, 0,39 % dans chacun.

Résultat principalDurée de passage aux urgences : −13 % (IC95 % 9–16 %), soit 47 minutes de moins (IC95 % 33–61) · infarctus ou décès cardiaque à 30 jours 0,39 % dans les deux bras
En pratiquele bénéfice ne vient pas d’un nouveau marqueur mais de la disponibilité immédiate du résultat dans un parcours déjà accéléré : 47 minutes gagnées en moyenne par passage, sans signal de sécurité à 30 jours. Pour un service d’urgences qui applique déjà un parcours accéléré à prélèvement unique, c’est un argument en faveur de la troponine I hypersensible délocalisée ; le gain dépendra toutefois des délais du laboratoire de chaque établissement et ne se retrouvera pas partout à l’identique.

Question clinique

Dans un parcours diagnostique accéléré de la suspicion d’infarctus, le dosage délocalisé de la troponine hypersensible raccourcit-il le passage aux urgences par rapport au dosage au laboratoire, sans perte de sécurité ?

Méthode

Il s’agissait d’un essai pragmatique randomisé en grappes de type « stepped-wedge » : chaque service d’urgences commençait dans le bras témoin puis basculait vers l’intervention à une date tirée au sort. Six sites ont participé, avec 59 980 passages (44 747 personnes, âge moyen 61 ans, 49,5 % de femmes) de février 2023 à janvier 2025, dont 31 392 passages pendant la période d’intervention. Le bras témoin appliquait un parcours diagnostique accéléré avec exclusion de l’infarctus sur un prélèvement unique dosé au laboratoire central ; le bras intervention appliquait le même parcours avec un dosage délocalisé de troponine I hypersensible. Le critère principal d’efficacité était la durée de passage aux urgences, et le critère de sécurité, l’infarctus ou le décès cardiaque à 30 jours.

Résultats clés

  • Après ajustement, la durée de passage a été réduite de 13 % (IC95 % 9–16 % ; p < 0,001), soit 47 minutes de moins (IC95 % 33–61 minutes) pour une durée moyenne de 376 minutes dans le bras témoin.
  • Infarctus ou décès cardiaque à 30 jours : 0,39 % dans le bras témoin et 0,39 % dans le bras intervention (p = 0,54).

Limites

  • Essai d’organisation des soins : le gain dépend du parcours diagnostique déjà en place et des délais du laboratoire local, et ne se transpose pas à l’identique partout.
  • Les événements de sécurité sont rares (0,39 %), ce qui ne permet pas d’exclure de petites différences entre les bras.
  • L’essai était nécessairement conduit sans insu et limité à six sites ; dans un schéma « stepped-wedge », les périodes témoin et intervention ne sont pas simultanées ; le résultat principal est donc ajusté sur les covariables liées à la durée de passage.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.