PAUSE CARDIO
Rythmologie · Essai randomisé · ASPIRED

Immediate Ambulatory Electrocardiographic Monitoring in Syncope.

Syncope inexpliquée : l’enregistreur dépiste plus d’arythmies sans réduire les récidives

NEJM · 31 août 2026 · Essai randomisé ouvert, 2 234 patients, 45 hôpitaux britanniques · ESC 2026

Chez 2 234 adultes dont la syncope restait inexpliquée après le passage aux urgences, la pose immédiate d’un enregistreur ECG ambulatoire de 14 jours a été comparée à la prise en charge habituelle de chaque centre. À un an, le nombre moyen de syncopes rapportées par les patients n’a pas différé de façon significative (1,37 contre 1,58). D’après le communiqué du congrès, la surveillance immédiate a plus que doublé la proportion de patients chez qui une arythmie cliniquement significative a été diagnostiquée et a raccourci le délai de ce diagnostic. L’intérêt de cette stratégie est donc diagnostique ; le bénéfice sur les récidives n’est pas démontré.

Résultat principalSyncopes rapportées à un an : 1,37 par patient avec enregistrement immédiat contre 1,58 avec la prise en charge habituelle — rapport de taux d’incidence 0,89 (IC95 % 0,68–1,18 ; p = 0,42)
En pratiqueaprès une syncope restée inexpliquée aux urgences, l’enregistreur ECG de 14 jours posé d’emblée n’a pas réduit le nombre de récidives rapportées par les patients, qui était le critère principal. D’après les critères secondaires communiqués au congrès, il a permis de diagnostiquer davantage d’arythmies et plus tôt, et a conduit à davantage de stimulateurs et d’antiarythmiques. L’intérêt de cette stratégie est donc diagnostique ; le bénéfice sur les récidives n’est pas démontré, et l’écart de mortalité observé demande confirmation avant d’être invoqué.

Question clinique

Après une syncope évaluée aux urgences et restée inexpliquée, une arythmie sous-jacente est difficile à documenter, et ne l’est souvent que tardivement. Poser d’emblée un enregistreur ECG ambulatoire de 14 jours change-t-il le diagnostic, le traitement et, surtout, le devenir des patients, à commencer par les récidives de syncope ?

Méthode

Essai randomisé contrôlé ouvert mené dans 45 hôpitaux du Royaume-Uni. Des adultes dont la syncope restait inexpliquée après évaluation aux urgences ont été répartis par tirage au sort, à parts égales, entre un enregistrement ECG ambulatoire de 14 jours débuté immédiatement et la prise en charge habituelle de chaque centre. Les 2 234 patients randomisés (1 123 et 1 111) avaient en moyenne 58,3 ans et 52,1 % d’entre eux étaient des hommes. Le critère de jugement principal était le nombre moyen d’épisodes de syncope rapportés par le patient à un an. L’analyse principale a porté sur les 1 970 patients ayant eu au moins une évaluation de suivi (1 004 et 966).

Résultats clés

  • Critère principal : 1,37 ± 5,10 syncope par patient à un an avec l’enregistreur contre 1,58 ± 8,56 avec la prise en charge habituelle, soit un rapport de taux d’incidence de 0,89 (IC95 % 0,68–1,18 ; p = 0,42). La différence n’est pas significative.
  • Le résumé publié ne rapporte pas les critères secondaires. D’après le communiqué du congrès, une arythmie cliniquement significative a été diagnostiquée chez 22 % des patients du groupe enregistreur contre 9 % du groupe habituel, avec un délai médian au diagnostic de 22 jours contre 55 jours.
  • Toujours d’après ce communiqué, un stimulateur cardiaque a été implanté chez 6,8 % des patients du groupe enregistreur contre 4,6 %, et un traitement antiarythmique instauré chez 10,8 % contre 7,3 %.
  • Le même communiqué fait état d’une mortalité toutes causes à un an de 1,5 % contre 2,9 %, sans intervalle de confiance ni valeur de p : il s’agit d’une association observée sur un critère secondaire.
  • Quarante-neuf événements indésirables ont été rapportés dans le groupe enregistreur contre huit dans le groupe habituel, dont un événement grave dans chaque groupe.

Limites

  • L’essai est ouvert et son critère principal est déclaratif : les syncopes sont comptées par les patients eux-mêmes, avec une dispersion très large (écarts-types supérieurs aux moyennes).
  • Environ un patient randomisé sur huit n’a eu aucune évaluation de suivi et n’entre pas dans l’analyse principale.
  • Le gain diagnostique, les traitements instaurés et la moindre mortalité sont des critères secondaires connus par le seul communiqué du congrès, sans mesure d’incertitude publiée : ils ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet entre l’enregistrement précoce et la survie.
  • Le contenu de la prise en charge habituelle variait d’un centre à l’autre, et les délais d’accès à l’enregistrement prolongé et à l’avis spécialisé ne sont pas les mêmes dans tous les systèmes de santé.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.