Immune Checkpoint Inhibitor-Associated Cardiovascular Toxic Effects: International Cardio-Oncology Society Position Statement.
La myocardite domine encore les toxicités cardiaques de l’immunothérapie
Cette prise de position de l’International Cardio-Oncology Society (ICOS) passe en revue les toxicités cardiovasculaires des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire. La myocardite en reste la complication la plus préoccupante, avec un spectre qui va d’une élévation de troponine de signification incertaine jusqu’aux formes graves ou fulminantes, même si sa létalité a diminué au fil du temps. Le texte décrit aussi la péricardite, la vascularite, les complications ischémiques aiguës d’une athérosclérose aggravée, la dysfonction cardiaque sans infiltrat inflammatoire du myocarde, la cardiomyopathie de stress et les arythmies, et gradue la prise en charge selon la gravité, jusqu’à la décision de reprise de l’immunothérapie.
Question clinique
Quelle est la position de l’International Cardio-Oncology Society (ICOS) sur le diagnostic et la prise en charge des toxicités cardiovasculaires des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICI) ?
Méthode
Prise de position multidisciplinaire de l’ICOS, rédigée par des experts d’oncologie, d’hématologie et de cardiologie à partir d’une synthèse de la littérature disponible sur les effets indésirables cardiovasculaires des ICI.
Résultats clés
- La myocardite reste la toxicité cardiovasculaire la plus préoccupante sous ICI. Son spectre s’est élargi : élévation de troponine de signification incertaine, myocardite à bas bruit (smoldering), formes non graves, formes graves ou fulminantes. Sa létalité a diminué au fil du temps.
- Les autres atteintes inflammatoires sont la péricardite et la vascularite ; les ICI peuvent aussi aggraver une maladie inflammatoire chronique comme l’athérosclérose, avec des complications ischémiques aiguës (infarctus du myocarde, AVC).
- Une dysfonction cardiaque, une cardiomyopathie de stress (takotsubo) ou une insuffisance cardiaque peuvent survenir sans infiltrat inflammatoire du myocarde ; des arythmies atriales et ventriculaires peuvent apparaître dans un contexte d’inflammation systémique, de myocardite ou d’ischémie.
- La prise en charge est graduée selon la gravité. La collaboration multidisciplinaire reste centrale, pour le traitement de l’épisode aigu comme pour les décisions ultérieures, dont la reprise de l’ICI. La maladie coronaire constitue le principal diagnostic différentiel ; une péricardite peut être associée, et des arythmies atriales ou ventriculaires compliquer le tableau.
Limites
- Prise de position d’experts, qui ne repose pas sur des essais randomisés dédiés.
- Plusieurs zones d’incertitude persistent, que les auteurs identifient comme des lacunes appelant des travaux complémentaires.