PAUSE CARDIO
Rythmologie · Cohorte prospective IRM · 550 patients

Impact of Myocardial Fibrosis and Female Sex on Life-Threatening Arrhythmias and Sudden Cardiac Death in Mitral Valve Prolapse

Prolapsus mitral : sexe féminin et fibrose s’associent aux arythmies graves

Circulation: Cardiovascular Imaging · août 2026

Dans une cohorte prospective de 550 patients porteurs d’un prolapsus mitral et explorés par IRM cardiaque, 8,7 % ont présenté un événement rythmique grave au cours d’un suivi médian de 4,4 ans. Le sexe féminin (HR 3,33) et la fibrose myocardique visible en rehaussement tardif (HR 3,17) étaient chacun associés à ces événements, indépendamment l’un de l’autre. Leur cumul désigne le sous-groupe le plus exposé : la survie sans événement à 5 ans était de 76,5 % chez les femmes avec fibrose, contre 98,5 % chez les hommes sans fibrose.

Résultat principalSurvie sans événement rythmique à 5 ans : 76,5 % chez les femmes avec fibrose contre 98,5 % chez les hommes sans fibrose
En pratiqueChez un patient porteur d’un prolapsus mitral, l’évaluation de la fuite ne suffit pas à apprécier le risque rythmique. Ces données plaident pour intégrer le sexe et la recherche de fibrose à l’IRM cardiaque dans la stratification, en particulier chez la femme, chez qui la présence d’une fibrose définit le sous-groupe le plus exposé. Elles ne permettent pas, en revanche, de fixer une conduite thérapeutique (défibrillateur, ablation) à partir de ces seuls marqueurs.

Question clinique

Chez les patients porteurs d’un prolapsus mitral, affection fréquente et le plus souvent bénigne, le sexe féminin et la fibrose myocardique détectée à l’IRM sont-ils associés, indépendamment l’un de l’autre, aux arythmies ventriculaires graves et à la mort subite ?

Méthode

Cohorte prospective de 550 patients consécutifs porteurs d’un prolapsus mitral, adressés pour IRM cardiaque dans un centre universitaire de référence entre 2008 et 2021 (âge médian 62 ans, 50 % de femmes). Les patients atteints de coronaropathie, de cardiomyopathie, de maladie infiltrative ou déjà opérés du cœur étaient exclus. La fibrose était définie par la présence d’un rehaussement tardif au gadolinium (LGE). Critère de jugement principal composite : mort subite, arrêt cardiaque récupéré, tachycardie ou fibrillation ventriculaire soutenue symptomatique ou inductible ayant conduit à l’implantation d’un défibrillateur ou à une ablation sur une cicatrice liée au prolapsus. Suivi médian de 4,4 ans (2 700 patients-années).

Résultats clés

  • Un rehaussement tardif était présent chez 210 patients (38 %).
  • 48 patients (8,7 %) ont atteint le critère principal au cours du suivi.
  • Sexe féminin : HR 3,33 (IC95 % 1,72–6,44 ; p < 0,001) en analyse univariée ; l’association persiste en analyse multivariée.
  • Fibrose myocardique (LGE) : HR 3,17 (IC95 % 1,74–5,77 ; p < 0,001) en analyse univariée ; l’association persiste en analyse multivariée.
  • Femmes avec fibrose : survie sans événement à 5 ans de 76,5 %, contre 98,5 % chez les hommes sans fibrose (p < 0,001). Cette comparaison oppose deux sous-groupes extrêmes et n’est pas une mesure d’effet ajustée.

Limites

  • Étude observationnelle : les associations décrites ne démontrent pas de causalité.
  • Recrutement dans un centre de référence, parmi des patients adressés pour IRM : biais de sélection probable, qui limite l’extrapolation à l’ensemble des prolapsus vus en consultation.
  • 48 événements au total, sans validation externe ; le critère composite inclut des arythmies inductibles, et non seulement des événements spontanés.
  • Aucune donnée sur l’effet d’une prise en charge modifiée par ces marqueurs.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.