Intracranial haemorrhage following tenecteplase fibrinolysis for acute myocardial infarction.
Ténectéplase : tension et dose pèsent sur le risque d’hémorragie cérébrale
Cette analyse groupée sur données individuelles réunit six essais randomisés de fibrinolyse par ténectéplase, à dose ajustée au poids, dans l’infarctus avec sus-décalage de ST, soit 15 954 patients, dont 169 ont présenté une hémorragie intracrânienne. Au-delà de 110 mmHg de pression artérielle systolique, chaque millimètre de mercure supplémentaire s’accompagne d’une augmentation relative de 2 % du risque d’hémorragie (OR ajusté 1,02 ; IC95 % 1,01–1,03), et cette hausse s’accentue nettement au-delà de 160 mmHg. L’effet de l’âge dépend de la dose : le risque croît d’environ 1 % par année d’âge à la dose de 30 mg, et de près de 7 % par année à la dose de 50 mg. Le sexe féminin et un poids plus faible sont aussi associés à un risque plus élevé.
Question clinique
L’hémorragie intracrânienne est une complication grave de la fibrinolyse dans l’infarctus avec sus-décalage de ST. Quels facteurs en augmentent le risque après une injection de ténectéplase, et lesquels peut-on corriger avant l’injection ?
Méthode
Les auteurs ont réuni les données individuelles de six essais randomisés (ASSENT-2, ASSENT-3, ASSENT-3 PLUS, ASSENT-4 PCI, STREAM et STREAM-2) qui ont utilisé la ténectéplase à dose ajustée au poids et appliqué le même critère d’exclusion tensionnel, une pression artérielle supérieure à 180/110 mmHg. Les facteurs de risque d’hémorragie intracrânienne ont été modélisés par régression logistique, et un nomogramme de prédiction individuelle a été construit.
Résultats clés
- Sur 15 954 patients, 169 ont présenté une hémorragie intracrânienne.
- Pression artérielle systolique : au-delà de 110 mmHg, chaque millimètre de mercure supplémentaire est associé à une augmentation relative de 2 % du risque (OR ajusté 1,02 ; IC95 % 1,01–1,03 ; p < 0,0001), et cette hausse s’accentue nettement au-delà de 160 mmHg.
- L’âge et la dose interagissent : l’augmentation du risque par année d’âge passe d’environ 1 % à la dose de 30 mg à près de 7 % à la dose de 50 mg.
- Le sexe féminin est associé à un OR ajusté de 1,49 (IC95 % 1,06–2,11 ; p = 0,023), et chaque baisse de 5 kg du poids corporel à un OR ajusté de 1,16 (IC95 % 1,03–1,30 ; p = 0,014).
- Le modèle qui combine l’âge, le sexe, la pression systolique, le poids et la dose, avec l’interaction entre l’âge et la dose, a une bonne discrimination (indice C 0,718 ; IC95 % 0,68–0,76).
Limites
- Il s’agit d’une analyse a posteriori d’essais successifs, dont les traitements associés ont pu différer ; les associations décrites ne démontrent pas qu’une réduction de la dose ou de la pression artérielle diminue effectivement les hémorragies.
- Le nombre d’événements (169) reste limité, ce qui réduit la précision des estimations, en particulier dans les sous-groupes.