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USIC · Réanimation cardiologique · Essai randomisé · LEVOECMO

Levosimendan to Facilitate Weaning From ECMO in Patients With Severe Cardiogenic Shock: The LEVOECMO Randomized Clinical Trial

Choc cardiogénique sous ECMO : le lévosimendan n’accélère pas le sevrage

JAMA · 6 janvier 2026 · 335(1):60–69 · essai français

Dans onze réanimations françaises, 205 patients en choc cardiogénique sévère mais potentiellement réversible, placés sous ECMO veino-artérielle depuis moins de 48 heures, ont été randomisés en double aveugle entre lévosimendan précoce et placebo. À 30 jours, le sevrage de l’ECMO a été réussi chez 68,3 % des patients dans chaque groupe (HR de sous-distribution 1,02 ; IC95 % 0,74–1,39), sans différence de durée d’assistance ni de mortalité à 60 jours. Les arythmies ventriculaires ont été plus fréquentes sous lévosimendan (17,8 % contre 8,7 %).

Résultat principalSevrage réussi de l’ECMO à 30 jours : 68,3 % sous lévosimendan contre 68,3 % sous placebo · arythmies ventriculaires 17,8 % contre 8,7 %
En pratiqueChez le patient en choc cardiogénique sévère sous ECMO veino-artérielle, l’administration précoce et systématique de lévosimendan n’a pas accéléré le sevrage de l’assistance ni réduit la mortalité, et s’est accompagnée d’un excès d’arythmies ventriculaires. Ces résultats ne plaident pas pour son usage en routine dans cette indication ; ils ne concernent pas son emploi ciblé lors d’une épreuve de sevrage, qui n’a pas été évalué ici.

Question clinique

Le lévosimendan pourrait faciliter le sevrage de l’ECMO veino-artérielle et améliorer la survie, mais les données sont limitées. Administré tôt, raccourcit-il le délai jusqu’au sevrage réussi chez le patient en choc cardiogénique sévère mais potentiellement réversible ?

Méthode

Essai randomisé en double aveugle contre placebo mené dans onze réanimations françaises entre août 2021 et septembre 2024. 205 adultes en choc cardiogénique aigu, sous ECMO veino-artérielle depuis moins de 48 heures, ont reçu du lévosimendan (0,15 µg/kg/min, augmenté à 0,20 µg/kg/min après 2 heures ; 101 patients) ou un placebo (104). Âge médian 58 ans, 72,7 % d’hommes. Causes du choc : post-cardiotomie 38,5 %, infarctus du myocarde 27,3 %, myocardite 13,7 %. Critère de jugement principal : délai jusqu’au sevrage réussi de l’ECMO dans les 30 jours suivant la randomisation. Critères secondaires : jours sans ECMO, sans ventilation mécanique et sans défaillance d’organe, durées de séjour en réanimation et à l’hôpital, événements indésirables graves, mortalité à 30 et 60 jours.

Résultats clés

  • Sevrage réussi de l’ECMO à 30 jours : 69 des 101 patients (68,3 %) sous lévosimendan contre 71 des 104 (68,3 %) sous placebo ; différence de risque 0,0 % (IC95 % −12,8 à 12,7) ; HR de sous-distribution 1,02 (IC95 % 0,74–1,39 ; p = 0,92).
  • Aucune différence significative sur les autres critères : durée médiane d’ECMO 5 contre 6 jours (p = 0,53), séjour moyen en réanimation 18 contre 19 jours (p = 0,42), mortalité à 60 jours 27,7 % contre 25,0 % (différence 2,7 % ; IC95 % −9,0 à 15,3 ; p = 0,78).
  • Arythmies ventriculaires : 18 patients (17,8 %) sous lévosimendan contre 9 (8,7 %) sous placebo ; différence absolue 9,2 % (IC95 % 0,4–18,1).

Limites

  • Effectif modéré et causes de choc hétérogènes.
  • Taux de sevrage déjà élevé dans le groupe placebo, ce qui laisse peu de marge pour démontrer un bénéfice.
  • L’essai ne porte que sur une administration précoce et systématique ; il ne renseigne pas sur un usage ciblé au moment de l’épreuve de sevrage.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.