Liberal fluid intake versus fluid restriction in chronic heart failure: a randomized clinical trial
Boire librement n’a pas dégradé l’état des insuffisants cardiaques stables
Chez 504 patients ambulatoires en insuffisance cardiaque chronique stable, un conseil d’apports hydriques libres n’a pas amélioré de façon significative l’état de santé à 3 mois par rapport à une restriction à 1 500 ml par jour (score KCCQ-OSS 74,0 contre 72,2 ; différence ajustée 2,17 ; p = 0,06) : le critère principal n’est pas atteint. Les apports libres n’ont entraîné ni dégradation de l’état de santé ni surcroît d’événements de sécurité, et la sensation de soif a été moindre. Ces résultats mettent en question l’intérêt d’une restriction hydrique systématique.
Question clinique
La restriction hydrique, souvent conseillée aux patients en insuffisance cardiaque chronique, a été peu évaluée par des essais randomisés. Des apports hydriques libres améliorent-ils l’état de santé par rapport à une restriction à 1 500 ml par jour, sans compromettre la sécurité ?
Méthode
Essai randomisé multicentrique ouvert (FRESH-UP) : 504 patients ambulatoires en insuffisance cardiaque chronique (67,3 % d’hommes, classe NYHA II–III), randomisés entre un conseil d’apports hydriques libres et un conseil de restriction à 1 500 ml par jour au maximum. Critère principal : état de santé à 3 mois mesuré par le score global du Kansas City Cardiomyopathy Questionnaire (KCCQ-OSS). Critères secondaires : gêne liée à la soif et événements de sécurité. Présenté à l’ACC.25.
Résultats clés
- KCCQ-OSS à 3 mois : 74,0 avec apports libres contre 72,2 avec restriction — différence ajustée sur le score initial 2,17 (IC95 % −0,06 à 4,39 ; p = 0,06) : le critère principal n’est pas atteint.
- Gêne liée à la soif plus importante dans le groupe restriction.
- Aucune différence d’événements de sécurité entre les deux groupes.
Limites
- L’essai était ouvert, de courte durée (3 mois), et jugé sur un critère rapporté par le patient chez des malades ambulatoires stables : ses résultats ne s’extrapolent ni à la décompensation ni à l’hyponatrémie. L’observance réelle des consignes d’apports n’est pas décrite dans le résumé.