Lipid Burden and Efficacy of Preventive PCI of Vulnerable Atherosclerotic Coronary Plaques: Post Hoc Analysis From the PREVENT Trial.
Angioplastie préventive : le bénéfice dépendrait de la charge lipidique
L’essai PREVENT a montré qu’une angioplastie préventive des plaques vulnérables non significatives sur le plan fonctionnel réduisait les événements cardiaques, sans préciser quelles lésions en tirent le plus de bénéfice. Cette analyse post hoc porte sur les 598 patients qui avaient eu, en plus de l’échographie endocoronaire, une spectroscopie proche infrarouge mesurant la charge lipidique de la plaque. Une plaque riche en lipides était présente chez 37,3 % d’entre eux. Dans ce sous-groupe, l’angioplastie préventive a été associée à moins d’événements que le traitement médical seul (7,3 % contre 17,6 % ; HR ajusté 0,23 ; IC95 % 0,13–0,41), alors qu’aucun bénéfice n’apparaissait pour les plaques pauvres en lipides (5,5 % contre 4,2 % ; HR ajusté 1,00 ; IC95 % 0,54–1,86), avec une interaction significative (p < 0,001).
Question clinique
Parmi les plaques coronaires vulnérables mais non significatives sur le plan fonctionnel, lesquelles bénéficient le plus d’une angioplastie préventive par rapport au traitement médical optimal seul ? La composition lipidique de la plaque, mesurée par spectroscopie proche infrarouge, permet-elle de les repérer ?
Méthode
Analyse post hoc de l’essai randomisé multicentrique ouvert PREVENT (1 606 patients inclus de septembre 2015 à septembre 2021). Elle retient les 598 patients, soit 632 lésions, chez qui une spectroscopie proche infrarouge avait aussi été réalisée ; ces lésions présentaient, en échographie endocoronaire, une charge de plaque supérieure à 70 % et une surface luminale minimale inférieure à 4 mm². Une plaque riche en lipides était définie à l’avance par un indice de charge lipidique maximal sur 4 mm supérieur à 315. Critère principal : décès cardiaque, infarctus du vaisseau cible, revascularisation du vaisseau cible pour ischémie ou hospitalisation pour angor instable ou progressif.
Résultats clés
- L’âge moyen était de 64,1 ans et 27,9 % des patients étaient des femmes ; une plaque riche en lipides a été trouvée chez 223 patients (37,3 %), soit 234 lésions ; le suivi médian a été de 5,6 ans.
- Dans l’ensemble de la population, les événements étaient plus fréquents en présence d’une plaque riche en lipides : 12,5 % contre 4,7 % (HR non ajusté 2,08 ; IC95 % 1,03–4,19 ; p = 0,039).
- Plaques riches en lipides : 7,3 % d’événements avec angioplastie préventive contre 17,6 % sous traitement médical seul (HR ajusté 0,23 ; IC95 % 0,13–0,41 ; p < 0,001).
- Plaques pauvres en lipides : 5,5 % contre 4,2 % (HR ajusté 1,00 ; IC95 % 0,54–1,86 ; p = 0,97) ; interaction significative entre stratégie et composition de la plaque (p < 0,001).
Limites
- Analyse post hoc sur 598 des 1 606 patients de l’essai, avec un nombre d’événements limité : elle génère une hypothèse, elle ne la démontre pas.
- La spectroscopie proche infrarouge reste peu répandue, et le seuil de 315, fixé à l’avance, demande une validation prospective.