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Rythmologie · Essai randomisé · ALONE-AF

Long-Term Anticoagulation Discontinuation After Catheter Ablation for Atrial Fibrillation: The ALONE-AF Randomized Clinical Trial

Un an sans récidive après ablation : arrêter l’anticoagulant fait mieux

JAMA · août 2025 · présenté à l’ESC 2025

Premier essai randomisé consacré à l’arrêt de l’anticoagulation après ablation de fibrillation atriale, ALONE-AF a porté sur 840 patients suivis dans 18 hôpitaux sud-coréens (âge moyen 64 ans, score CHA2DS2-VASc moyen 2,1), qui avaient tous au moins un facteur de risque d’AVC et aucune récidive documentée depuis au moins un an. Ils ont été répartis par tirage au sort entre l’arrêt de l’anticoagulant oral et la poursuite d’un anticoagulant oral direct. À 2 ans, le critère composite (AVC, embolie systémique, hémorragie majeure) est survenu chez 0,3 % des patients du groupe arrêt contre 2,2 % du groupe poursuite (différence absolue −1,9 point ; IC95 % −3,5 à −0,3 ; p = 0,02). L’écart tient surtout aux hémorragies majeures, absentes dans le groupe arrêt (0 contre 1,4 %), le nombre d’AVC ischémiques restant très faible dans les deux groupes.

Résultat principalCritère composite à 2 ans : 0,3 % (arrêt) contre 2,2 % (poursuite), différence −1,9 point (IC95 % −3,5 à −0,3)
En pratiqueChez un patient à risque thromboembolique modéré, sans récidive documentée depuis au moins un an après une ablation, l’arrêt de l’anticoagulant oral s’accompagne dans cet essai de moins d’événements que sa poursuite, avant tout grâce à la disparition des hémorragies majeures. L’arrêt devient une option documentée à discuter avec le patient, en gardant une surveillance rythmique. L’essai ne renseigne pas sur les patients à risque élevé d’AVC ni sur les récidives tardives au-delà de 2 ans.

Question clinique

Chez un patient sans récidive documentée d’arythmie atriale au moins un an après une ablation de fibrillation atriale, arrêter l’anticoagulant oral donne-t-il de meilleurs résultats cliniques que le poursuivre ?

Méthode

Essai randomisé de supériorité (ALONE-AF) mené dans 18 hôpitaux de Corée du Sud entre juillet 2020 et mars 2023. 840 adultes de 19 à 80 ans, porteurs d’au moins un facteur de risque d’AVC non lié au sexe (score CHA2DS2-VASc) et sans récidive documentée d’arythmie atriale depuis au moins un an après ablation, ont été randomisés 1:1 entre arrêt de l’anticoagulant oral (417) et poursuite d’un anticoagulant oral direct (423). L’âge moyen était de 64 ans, 24,9 % des patients étaient des femmes, le score CHA2DS2-VASc moyen était de 2,1 et la fibrillation atriale était paroxystique chez 67,6 % d’entre eux. Critère de jugement principal : première survenue à 2 ans d’un AVC, d’une embolie systémique ou d’une hémorragie majeure ; les composantes ont été analysées comme critères secondaires.

Résultats clés

  • Critère principal à 2 ans : 1 patient (0,3 %) dans le groupe arrêt contre 8 (2,2 %) dans le groupe poursuite ; différence absolue −1,9 point (IC95 % −3,5 à −0,3 ; p = 0,02).
  • AVC ischémique à 2 ans (critère secondaire) : 0,3 % après arrêt contre 0,8 % sous poursuite (différence −0,5 point ; IC95 % −1,6 à 0,6), sans différence significative.
  • Hémorragie majeure (critère secondaire) : 0 patient après arrêt contre 5 (1,4 %) sous poursuite (différence −1,4 point ; IC95 % −2,6 à −0,2).

Limites

  • Très faible nombre d’événements ischémiques : l’essai n’a pas la puissance nécessaire pour exclure un surcroît d’AVC après l’arrêt, et le résultat sur le critère composite est porté par les hémorragies.
  • Population exclusivement sud-coréenne, d’âge moyen 64 ans et à risque thromboembolique modéré (CHA2DS2-VASc moyen 2,1), avec une majorité de fibrillation atriale paroxystique : les patients à plus haut risque sont peu représentés.
  • Suivi limité à 2 ans ; le résumé ne précise pas les modalités de surveillance rythmique ayant permis d’affirmer l’absence de récidive.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.