PAUSE CARDIO
Cardiomyopathies & myocardites · Essai randomisé · ATTRibute-CM OLE

Long-Term Durability of Acoramidis Efficacy in Transthyretin Amyloid Cardiomyopathy: Open-Label Extension of the ATTRibute-CM Trial

Amylose : un traitement plus précoce s’accompagne d’une mortalité moindre

JAMA Cardiology · mars 2026 · présenté à l’ACC.26

L’essai pivot ATTRibute-CM avait comparé l’acoramidis au placebo pendant 30 mois dans l’amylose cardiaque à transthyrétine. Dans son extension ouverte, tous les patients ont ensuite reçu l’acoramidis, avec un suivi médian de 53 mois. À 54 mois, la mortalité toutes causes est de 26,2 % chez les patients traités par acoramidis depuis le début, contre 43,6 % chez ceux passés du placebo à l’acoramidis après 30 mois (HR 0,55 ; IC95 % 0,42–0,74). Cette comparaison entre traitement continu et traitement différé plaide pour un diagnostic et un traitement précoces, avec les réserves propres à une extension ouverte.

Résultat principalMortalité toutes causes à 54 mois : 26,2 % sous acoramidis continu contre 43,6 % après passage du placebo à l’acoramidis à 30 mois (HR 0,55 ; IC95 % 0,42–0,74)
En pratiqueDans l’amylose cardiaque à transthyrétine, un traitement commencé plus tôt s’accompagne, à quatre ans et demi, d’une mortalité nettement plus faible qu’un traitement différé de 30 mois : le retard pris ne semble pas se rattraper. Ces données, issues d’une extension ouverte, ne remplacent pas un essai randomisé, mais elles renforcent l’intérêt d’un diagnostic précoce : une scintigraphie osseuse se justifie au moindre doute devant une insuffisance cardiaque à FEVG préservée avec parois épaissies.

Question clinique

Le bénéfice de l’acoramidis, stabilisateur de la transthyrétine, démontré à 30 mois dans l’essai ATTRibute-CM, se maintient-il à long terme, et un traitement commencé plus tard rattrape-t-il le retard pris sous placebo ?

Méthode

Extension ouverte de l’essai randomisé ATTRibute-CM, dans laquelle les patients ayant terminé la phase randomisée de 30 mois (acoramidis ou placebo) ont tous reçu l’acoramidis en ouvert. Deux groupes sont comparés selon le bras d’origine : acoramidis continu depuis la randomisation, ou passage du placebo à l’acoramidis à 30 mois. L’analyse porte sur 409 patients traités en continu et 202 passés du placebo à l’acoramidis, avec un suivi médian de 53 mois ; critères évalués à 54 mois : mortalité toutes causes, mortalité cardiovasculaire et première hospitalisation cardiovasculaire.

Résultats clés

  • Mortalité toutes causes à 54 mois : 26,2 % sous acoramidis continu contre 43,6 % chez les patients passés du placebo à l’acoramidis à 30 mois (HR 0,55 ; IC95 % 0,42–0,74).
  • Même sens pour les autres critères : mortalité cardiovasculaire 18,6 % contre 33,7 %, première hospitalisation cardiovasculaire 35,2 % contre 56,9 %, toujours en faveur du traitement continu.
  • Aucun nouveau problème de tolérance n’a été identifié dans l’extension jusqu’au 54e mois.

Limites

  • Extension ouverte sans bras placebo maintenu : la comparaison entre traitement continu et traitement différé ne bénéficie plus de la protection de la randomisation initiale et reste exposée à des biais (patients survivants à 30 mois, déséquilibres à l’entrée dans l’extension).
  • À partir du douzième mois, le protocole autorisait l’ajout de tafamidis dans les deux bras ; il a été utilisé plus souvent dans le bras placebo (22,8 % contre 14,9 %). La comparaison n’oppose donc pas un groupe traité à un groupe non traité, mais un traitement d’emblée à un traitement différé.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.