PAUSE CARDIO
Cardiomyopathies & myocardites · Essai randomisé · ODYSSEY-HCM

Mavacamten in Symptomatic Nonobstructive Hypertrophic Cardiomyopathy

CMH non obstructive : le mavacamten ne fait pas mieux que le placebo

NEJM · août 2025 · présenté à l’ESC 2025

ODYSSEY-HCM a comparé, en double aveugle, le mavacamten au placebo pendant 48 semaines chez 580 adultes atteints d’une cardiomyopathie hypertrophique non obstructive symptomatique. Aucun des deux critères de jugement principaux n’a été atteint : la différence de pic de VO₂ est de 0,47 mL/kg/min (p = 0,07) et celle du score KCCQ-CSS de 2,7 points (p = 0,06). Une FEVG inférieure à 50 % a été observée chez 21,5 % des patients sous mavacamten, contre 1,7 % sous placebo. L’essai ne soutient donc pas l’extension du traitement aux formes non obstructives.

Résultat principalCritères principaux non atteints — pic de VO₂ à 48 semaines : +0,47 mL/kg/min par rapport au placebo (IC95 % −0,03 à 0,98 ; p = 0,07) · FEVG < 50 % chez 21,5 % contre 1,7 %
En pratiqueDans la cardiomyopathie hypertrophique non obstructive symptomatique, le mavacamten n’a pas démontré de bénéfice sur la capacité d’effort ni sur les symptômes, alors qu’une FEVG sous 50 % est survenue chez plus d’un patient traité sur cinq. Ces résultats ne soutiennent pas son emploi en dehors de l’indication obstructive. Ils rappellent aussi l’importance de la surveillance échocardiographique de la FEVG chez les patients traités pour une forme obstructive.

Question clinique

Le mavacamten, approuvé dans la cardiomyopathie hypertrophique obstructive, améliore-t-il la capacité fonctionnelle et l’état de santé ressenti des adultes atteints d’une forme non obstructive symptomatique ?

Méthode

Essai ODYSSEY-HCM, de phase 3, international, randomisé 1:1 en double aveugle contre placebo : mavacamten débuté à 5 mg par jour et ajusté jusqu’à 15 mg selon la FEVG (ajustement simulé dans le groupe placebo), pendant 48 semaines. Deux critères de jugement principaux : la variation du pic de VO₂ et celle du score clinique résumé du questionnaire de Kansas City (KCCQ-CSS, de 0 à 100, un score élevé traduisant un meilleur état de santé), entre l’inclusion et la semaine 48.

Résultats clés

  • 289 patients ont reçu le mavacamten et 291 le placebo ; l’âge moyen était de 56 ± 15 ans et 46 % des participants étaient des femmes.
  • Pic de VO₂ à 48 semaines : variation de 0,52 mL/kg/min sous mavacamten (IC95 % 0,09–0,95) contre 0,05 mL/kg/min sous placebo (IC95 % −0,38 à 0,47), soit une différence de 0,47 mL/kg/min (IC95 % −0,03 à 0,98 ; p = 0,07).
  • Score KCCQ-CSS : gain de 13,1 points sous mavacamten (IC95 % 10,7–15,5) contre 10,4 points sous placebo (IC95 % 8,0–12,8), soit une différence de 2,7 points (IC95 % −0,1 à 5,6 ; p = 0,06).
  • Les baisses de fraction d’éjection et les interruptions de traitement ont été plus fréquentes sous mavacamten : une FEVG inférieure à 50 % a été observée chez 21,5 % des patients traités contre 1,7 % sous placebo, et le traitement a été arrêté définitivement chez 10,7 % contre 5,8 %.

Limites

  • Le score KCCQ-CSS s’est nettement amélioré dans le groupe placebo (+10,4 points), ce qui a pu réduire la marge de bénéfice attribuable au traitement.
  • La population des cardiomyopathies non obstructives est hétérogène, ce qui a pu diluer un bénéfice qui n’existerait que dans certains sous-groupes.
  • Les deux critères principaux sont fonctionnels et déclaratifs : l’essai ne renseigne pas sur les événements cliniques.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.