Midlife Cardiorespiratory Fitness and Healthy Aging: An Observational Cohort Study
Une bonne condition physique s’accompagne de maladies chroniques plus tardives
Dans la Cooper Center Longitudinal Study, 24 576 adultes restés indemnes de maladie chronique jusqu’à 65 ans ont eu une épreuve d’effort maximale en milieu de vie, puis ont été suivis grâce aux données d’assurance Medicare. Par rapport aux hommes les moins en forme, les plus en forme ont eu une durée de vie sans maladie chronique allongée de 2 %, 9 % de maladies en moins et une durée de vie totale allongée de 3 %, avec un profil comparable chez les femmes. Chacune des 11 maladies chroniques étudiées est survenue en moyenne au moins 1,5 an plus tard chez les plus en forme, ce qui évoque une compression de la morbidité. Il s’agit d’une association observationnelle, non d’une relation de cause à effet démontrée.
Question clinique
Chez des adultes restés apparemment en bonne santé jusqu’à 65 ans, une meilleure aptitude cardiorespiratoire mesurée en milieu de vie est-elle associée à un vieillissement en meilleure santé : plus d’années sans maladie chronique majeure, moins de maladies et une vie plus longue ?
Méthode
Cohorte observationnelle de 24 576 participants (25 % de femmes) de la Cooper Center Longitudinal Study (1971–2017), appariée aux données d’assurance Medicare (1999–2019). L’aptitude cardiorespiratoire a été estimée par une épreuve d’effort maximale sur tapis lors d’une visite de médecine préventive avant 65 ans, puis classée en trois niveaux (basse, modérée, élevée). Onze maladies chroniques majeures ont été identifiées dans les bases Medicare et analysées de trois façons : la survenue de l’une quelconque des 11 (critère composite), par groupe clinique (cardiovasculaire, cardio-réno-métabolique, cancer), puis maladie par maladie. Des modèles multi-états santé–maladie–décès ajustés ont estimé, selon le niveau d’aptitude, la durée de vie en bonne santé, le nombre de maladies, les années passées malade et la durée de vie totale.
Résultats clés
- Sur le critère composite, les hommes les plus en forme ont eu, par rapport aux moins en forme, une durée de vie en bonne santé allongée de 2 % (IC95 % 1–2), 9 % de maladies en moins (IC95 % 1–17) et une durée de vie totale allongée de 3 % (IC95 % 2–4) ; le profil est comparable chez les femmes.
- Par groupe clinique, les hommes et les femmes les plus en forme ont présenté plus tard les maladies cardiovasculaires, cardio-réno-métaboliques et les cancers, et en ont développé moins dans chaque groupe.
- En moyenne, chacune des 11 maladies chroniques est survenue au moins 1,5 an plus tard chez les sujets les plus en forme que chez les moins en forme.
- Les résultats sont homogènes quels que soient l’époque de la visite (avant ou après 1990), l’âge (moins ou plus de 45 ans), le tabagisme et la corpulence (poids normal, surpoids ou obésité).
Limites
- Étude observationnelle : elle établit une association, non une causalité ; des facteurs de confusion résiduels (mode de vie, niveau socio-économique) restent possibles.
- Cohorte américaine issue d’une clinique de médecine préventive, avec seulement 25 % de femmes ; l’aptitude a été mesurée une seule fois et les maladies ont été identifiées sur des données administratives.