PAUSE CARDIO
Insuffisance cardiaque · Essai randomisé · phase 2b

Myeloperoxidase inhibition with mitiperstat in heart failure with preserved or mildly reduced ejection fraction: a randomized phase 2b trial.

Le mitiperstat n’a amélioré ni les symptômes ni la marche

Nature Medicine · 9 septembre 2026 · Essai randomisé de phase 2b, 711 patients

Chez 711 patients insuffisants cardiaques à FEVG supérieure à 40 % (45 % de femmes), deux doses de mitiperstat, un inhibiteur de la myéloperoxydase, ont été comparées au placebo pendant 48 semaines dans un essai multicentrique en double aveugle. À 16 semaines, il n’a amélioré ni le score de symptômes KCCQ (différence −1,4 point ; IC95 % −3,9 à 1,2) ni la distance de marche en six minutes (+3,8 m ; IC95 % −3,1 à 10,8), ni aucun critère secondaire. La tolérance était comparable à celle du placebo, en dehors d’éruptions maculopapuleuses plus fréquentes.

Résultat principalScore de symptômes KCCQ à 16 semaines : différence de −1,4 point contre placebo (IC95 % −3,9 à 1,2 ; p = 0,29) ; marche de six minutes : +3,8 m (IC95 % −3,1 à 10,8 ; p = 0,28)
En pratiqueun essai négatif pour une approche anti-oxydante ciblant la myéloperoxydase dans l’insuffisance cardiaque à FEVG préservée ou modérément réduite. Le mitiperstat n’a apporté aucun bénéfice symptomatique ou fonctionnel à quatre mois, malgré une bonne tolérance. Rien ne change dans la prise en charge de ces patients, qui repose sur les traitements ayant fait leurs preuves.

Question clinique

Les oxydants produits par la myéloperoxydase réduisent la disponibilité du monoxyde d’azote et favorisent la dysfonction microvasculaire coronaire, la rigidité des cardiomyocytes et la fibrose interstitielle, mécanismes impliqués dans l’insuffisance cardiaque à FEVG préservée ou modérément réduite. Bloquer cette enzyme améliore-t-il les symptômes et la capacité d’effort de ces patients ?

Méthode

Essai de phase 2b multicentrique, randomisé, en double aveugle, contre placebo, à trois bras parallèles. 711 patients insuffisants cardiaques avec une FEVG supérieure à 40 % (45 % de femmes) ont reçu, en trois groupes de taille égale, du mitiperstat 2,5 mg, du mitiperstat 5 mg ou un placebo pendant 48 semaines. Co-critères principaux à 16 semaines : variation du score total de symptômes du questionnaire de Kansas City (KCCQ-TSS) et de la distance de marche en six minutes. Critères secondaires : peptides natriurétiques et marqueurs inflammatoires jusqu’à 48 semaines, paramètres échocardiographiques jusqu’à 24 semaines.

Résultats clés

  • Les deux doses réunies n’ont pas amélioré le KCCQ-TSS par rapport au placebo : différence ajustée de −1,4 point (IC95 % −3,9 à 1,2 ; p = 0,29).
  • Pas d’amélioration de la distance de marche en six minutes : +3,8 m (IC95 % −3,1 à 10,8 ; p = 0,28), ni d’aucun critère secondaire.
  • Événements indésirables, y compris infections, comparables entre les groupes, sauf les éruptions maculopapuleuses : 3,6 % sous mitiperstat contre 0,4 % sous placebo.

Limites

  • Essai de phase 2b jugé sur des critères fonctionnels à 16 semaines, non sur des événements cliniques.
  • Le résumé ne dit pas dans quelle mesure l’enzyme a été inhibée : l’absence d’effet sur les marqueurs biologiques et échocardiographiques laisse ouverte la question d’une cible insuffisamment atteinte ou d’un mécanisme non pertinent chez ces patients.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.