Oral Relaxin Receptor Agonist AZD5462 in Participants With Chronic Heart Failure: Primary Results From the LUMINARA Trial.
L’agoniste oral de la relaxine donne un signal hémodynamique encourageant
Cet essai de recherche de dose, mené en double aveugle contre placebo, a évalué un agoniste oral du récepteur de la relaxine (AZD5462, une prise par jour) chez des patients atteints d’insuffisance cardiaque chronique déjà bien traités, répartis en deux cohortes selon la FEVG : 235 patients à FEVG ≤ 35 % et 140 patients à FEVG de 41 à 55 %. Le médicament a été bien toléré. Dans la cohorte à FEVG de 41 à 55 %, il a réduit significativement l’index de résistances vasculaires systémiques à toutes les doses ; dans la cohorte à FEVG ≤ 35 %, la baisse du volume télésystolique indexé sous 20 mg (−5,4 mL/m²) n’atteint pas le seuil de signification (p = 0,054). Il s’agit d’un signal hémodynamique, pas encore d’un traitement.
Question clinique
La stimulation du récepteur de la relaxine (RXFP1) diminue expérimentalement les résistances vasculaires systémiques et la post-charge, améliore la perfusion des organes et favorise le remodelage inverse du ventricule gauche. Un agoniste oral de ce récepteur, pris une fois par jour, modifie-t-il la structure du ventricule gauche et l’hémodynamique dans l’insuffisance cardiaque chronique ?
Méthode
Essai international multicentrique mené dans 57 sites de 10 pays, en double aveugle contre placebo, conçu pour comparer plusieurs doses. Les adultes atteints d’insuffisance cardiaque chronique ont été répartis en deux cohortes selon la FEVG : cohorte A, FEVG ≤ 35 % (235 patients, âge moyen 65 ans, 88 % d’hommes) et cohorte B, FEVG de 41 à 55 % (140 patients, âge moyen 70 ans, 69 % d’hommes). Dans chaque cohorte, les patients ont été répartis en quatre groupes de taille égale entre AZD5462 20, 80 ou 360 mg une fois par jour et placebo, en plus d’un traitement de fond de l’insuffisance cardiaque que les auteurs qualifient d’excellent. Les critères de jugement principaux étaient la variation du volume télésystolique indexé après 24 semaines de traitement dans la cohorte A et celle de l’index de résistances vasculaires systémiques dans la cohorte B, mesurées à la semaine 25.
Résultats clés
- Cohorte A (FEVG ≤ 35 %) : à la semaine 25, sous 20 mg, la variation du volume télésystolique indexé ajustée sur le placebo était de −5,4 mL/m² (IC95 % −10,9 à 0,1 ; p = 0,054) : le critère principal de cette cohorte n’est donc pas atteint.
- Cohorte B (FEVG de 41 à 55 %) : réduction significative de l’index de résistances vasculaires systémiques à toutes les doses (tous p < 0,05) ; d’après le communiqué de l’ESC, d’environ 19 % à 20 mg, 21 % à 80 mg et 15 % à 360 mg.
- Tolérance comparable à celle du placebo ; d’après le communiqué de l’ESC, légère baisse de la pression artérielle, sans excès d’hypotension significative ni de surcharge volémique.
- Toujours d’après ce communiqué, les effets les plus nets sur la fonction cardiaque ont été observés à la dose la plus faible, sans la relation dose-effet attendue.
Limites
- Critères de substitution (volume ventriculaire, résistances vasculaires) : aucune donnée sur les hospitalisations ni sur la mortalité.
- Le critère principal de la cohorte à FEVG réduite n’atteint pas le seuil conventionnel de signification (p = 0,054), et l’intervalle de confiance inclut l’absence d’effet.
- Absence de relation dose-réponse, effectifs réduits dans chaque bras, 24 semaines de traitement seulement.