Primary cardioprotective effect of sacubitril/valsartan in breast cancer patients receiving adjuvant therapy
À faible dose, le sacubitril/valsartan pourrait prévenir la cardiotoxicité
Chez 100 patients pris en charge pour un cancer du sein au stade précoce (98 % de femmes), un sacubitril/valsartan à faible dose, débuté trois jours avant le traitement adjuvant, a été comparé à une simple surveillance avec traitement en cas de dysfonction cardiaque, selon une randomisation 1:4. Au cours de la première année, aucune dysfonction cardiaque liée au traitement du cancer (CTRCD) n’est survenue chez les 20 patients traités, contre 21 des 80 patients surveillés (26,3 % ; p = 0,006). Avec seulement 20 patients dans le groupe traité, un comparateur sans placebo et un critère porté entièrement par le strain, ce résultat demande à être confirmé par un essai de phase III.
Question clinique
Un sacubitril/valsartan à faible dose, débuté avant le traitement adjuvant, prévient-il la dysfonction cardiaque liée au traitement du cancer (CTRCD) chez des patients traités pour un cancer du sein au stade précoce ?
Méthode
Essai randomisé prospectif, dont le résumé ne précise ni le nombre de centres ni l’existence d’un insu ; le comparateur était une prise en charge standard, et non un placebo. 100 patients jamais traités, atteints d’un cancer du sein au stade précoce (âge moyen 50,4 ± 8,5 ans, 98 % de femmes), inclus entre mai 2021 et juillet 2023, ont été randomisés selon un rapport 1:4 entre sacubitril/valsartan à faible dose (12,25/12,75 mg deux fois par jour, titré jusqu’à 24,5/25,5 mg deux fois par jour), débuté 3 jours avant le traitement anticancéreux (n = 20), et prise en charge standard avec surveillance et instauration d’un traitement en cas de CTRCD (n = 80), pendant 12 mois. Critère de jugement principal : survenue d’une CTRCD, définie par une baisse relative ≥ 15 % du strain longitudinal global ou une baisse de la FEVG ≥ 10 points aboutissant à une valeur inférieure à 50 %. La dose d’équivalent doxorubicine était comparable entre les groupes (276,0 ± 48,5 contre 269,5 ± 57,9 mg/m² ; p = 0,175).
Résultats clés
- 95 des 100 patients randomisés (95 %) ont terminé l’essai.
- Aucune CTRCD sous sacubitril/valsartan (0 sur 20), contre 21 patients sur 80 (26,3 %) sous prise en charge standard (p = 0,006).
- Tous les cas de CTRCD ont été identifiés sur une baisse significative du strain longitudinal global.
Limites
- Randomisation déséquilibrée (1:4) : seuls 20 patients ont reçu le traitement, ce qui limite la puissance et la précision de l’estimation de l’effet.
- Essai de petite taille ; les auteurs appellent eux-mêmes à un essai de phase III pour confirmer ces résultats.
- Comparateur sans placebo (prise en charge standard) et insu non précisé dans le résumé, à la différence de PRADA II et de SARAH, tous deux en double aveugle contre placebo.
- Critère de jugement d’imagerie, porté ici entièrement par le strain longitudinal global ; aucun événement clinique n’est rapporté dans le résumé.