Pulsed field vs radiofrequency ablation for paroxysmal atrial fibrillation: the BEAT PAROX-AF trial
Le champ pulsé raccourcit la procédure sans surpasser la radiofréquence
Cet essai européen ouvert de supériorité a comparé, chez 289 patients en fibrillation atriale paroxystique symptomatique résistante aux antiarythmiques, l’ablation par champ pulsé (cathéter pentaspline) à l’ablation par radiofréquence point par point conduite selon le protocole CLOSE. À 12 mois, le succès après une seule procédure était de 77,2 % avec le champ pulsé et de 77,6 % avec la radiofréquence (différence ajustée 0,9 % ; IC95 % −8,2 à 10,1 ; p = 0,84) : la supériorité attendue n’est pas démontrée. Les événements indésirables graves liés à la procédure ont été moins nombreux avec le champ pulsé (3,4 % contre 7,6 %), mais l’intervalle de confiance de cette différence inclut zéro. La procédure était en revanche nettement plus courte avec le champ pulsé : 59 minutes en moyenne contre 98.
Question clinique
Dans la fibrillation atriale paroxystique résistante aux antiarythmiques, l’ablation par champ pulsé est-elle plus efficace, après une seule procédure, que l’ablation par radiofréquence point par point réalisée selon un protocole optimisé ?
Méthode
Essai européen multicentrique, ouvert, randomisé, de supériorité (BEAT PAROX-AF), conduit dans 9 centres. Des patients de 18 à 80 ans en fibrillation atriale paroxystique symptomatique et résistante aux antiarythmiques ont été randomisés selon un rapport 1:1 entre ablation par champ pulsé (cathéter pentaspline) et radiofréquence selon le protocole CLOSE, qui associe un cathéter à mesure de force de contact et une cartographie électro-anatomique. 292 patients ont été randomisés et 289 analysés (âge médian 63,5 ans, 58 % d’hommes ; 145 dans le groupe champ pulsé, 144 dans le groupe radiofréquence). Le critère de jugement principal était le succès à 12 mois après une seule procédure, défini par l’absence de récidive d’arythmie atriale de 30 secondes ou plus, de cardioversion, de reprise d’un antiarythmique de classe I ou III après une période d’exclusion de 2 mois, et de toute nouvelle ablation.
Résultats clés
- Le succès après une seule procédure a été atteint à 12 mois chez 112/145 patients (77,2 %) dans le groupe champ pulsé et chez 111/143 (77,6 %) dans le groupe radiofréquence : différence ajustée 0,9 % (IC95 % −8,2 à 10,1 ; p = 0,84). La supériorité du champ pulsé n’est pas démontrée.
- Un événement indésirable grave lié à la procédure est survenu chez 5 patients (3,4 %) sous champ pulsé et chez 11 (7,6 %) sous radiofréquence : différence −3,3 % (IC95 % −8,4 à 1,8), intervalle qui inclut zéro.
- Aucun décès, aucune paralysie phrénique persistante et aucun accident vasculaire cérébral n’est survenu. Dans le groupe radiofréquence, 2 patients ont eu une sténose de veine pulmonaire supérieure à 70 % et 12 une sténose supérieure à 50 %, avec 2 tamponnades et 1 hémorragie œsophagienne.
- La durée moyenne de la procédure était de 59 minutes (écart-type 22) avec le champ pulsé contre 98 minutes (écart-type 33) avec la radiofréquence, soit une différence ajustée de −39 minutes (IC95 % −44 à −34). Le temps de scopie était à l’inverse plus long avec le champ pulsé : 12 minutes en moyenne contre 7.
Limites
- L’essai est ouvert et d’effectif modeste : l’intervalle de confiance de la différence d’efficacité va de −8,2 à +10,1 points, et cette absence de supériorité ne vaut pas démonstration d’équivalence.
- La différence d’événements indésirables graves n’est pas concluante, son intervalle de confiance incluant zéro ; l’essai n’était pas dimensionné pour la sécurité.
- Les neuf centres européens participants sont expérimentés et le bras radiofréquence suivait un protocole optimisé : ces résultats ne préjugent pas de ceux obtenus dans des centres moins rompus à l’une ou l’autre technique.