PAUSE CARDIO
Rythmologie · Essai randomisé · BEAT PAROX-AF

Pulsed field vs radiofrequency ablation for paroxysmal atrial fibrillation: the BEAT PAROX-AF trial

Le champ pulsé raccourcit la procédure sans surpasser la radiofréquence

European Heart Journal · août 2025 · présenté à l’ESC 2025

Cet essai européen ouvert de supériorité a comparé, chez 289 patients en fibrillation atriale paroxystique symptomatique résistante aux antiarythmiques, l’ablation par champ pulsé (cathéter pentaspline) à l’ablation par radiofréquence point par point conduite selon le protocole CLOSE. À 12 mois, le succès après une seule procédure était de 77,2 % avec le champ pulsé et de 77,6 % avec la radiofréquence (différence ajustée 0,9 % ; IC95 % −8,2 à 10,1 ; p = 0,84) : la supériorité attendue n’est pas démontrée. Les événements indésirables graves liés à la procédure ont été moins nombreux avec le champ pulsé (3,4 % contre 7,6 %), mais l’intervalle de confiance de cette différence inclut zéro. La procédure était en revanche nettement plus courte avec le champ pulsé : 59 minutes en moyenne contre 98.

Résultat principalSuccès à 12 mois après une seule procédure : 77,2 % avec le champ pulsé contre 77,6 % avec la radiofréquence (différence ajustée 0,9 % ; IC95 % −8,2 à 10,1 ; p = 0,84)
En pratiquePour le patient adressé à l’ablation d’une fibrillation atriale paroxystique, le champ pulsé n’a pas fait mieux qu’une radiofréquence bien conduite après une seule procédure, avec un taux de succès voisin de 77 % dans les deux bras. Il a pour lui une procédure nettement plus courte et des complications graves moins nombreuses, sans que l’essai permette d’affirmer qu’elles sont réellement plus rares. Le choix entre les deux techniques dépend donc surtout de l’expérience du centre et de l’organisation du plateau technique.

Question clinique

Dans la fibrillation atriale paroxystique résistante aux antiarythmiques, l’ablation par champ pulsé est-elle plus efficace, après une seule procédure, que l’ablation par radiofréquence point par point réalisée selon un protocole optimisé ?

Méthode

Essai européen multicentrique, ouvert, randomisé, de supériorité (BEAT PAROX-AF), conduit dans 9 centres. Des patients de 18 à 80 ans en fibrillation atriale paroxystique symptomatique et résistante aux antiarythmiques ont été randomisés selon un rapport 1:1 entre ablation par champ pulsé (cathéter pentaspline) et radiofréquence selon le protocole CLOSE, qui associe un cathéter à mesure de force de contact et une cartographie électro-anatomique. 292 patients ont été randomisés et 289 analysés (âge médian 63,5 ans, 58 % d’hommes ; 145 dans le groupe champ pulsé, 144 dans le groupe radiofréquence). Le critère de jugement principal était le succès à 12 mois après une seule procédure, défini par l’absence de récidive d’arythmie atriale de 30 secondes ou plus, de cardioversion, de reprise d’un antiarythmique de classe I ou III après une période d’exclusion de 2 mois, et de toute nouvelle ablation.

Résultats clés

  • Le succès après une seule procédure a été atteint à 12 mois chez 112/145 patients (77,2 %) dans le groupe champ pulsé et chez 111/143 (77,6 %) dans le groupe radiofréquence : différence ajustée 0,9 % (IC95 % −8,2 à 10,1 ; p = 0,84). La supériorité du champ pulsé n’est pas démontrée.
  • Un événement indésirable grave lié à la procédure est survenu chez 5 patients (3,4 %) sous champ pulsé et chez 11 (7,6 %) sous radiofréquence : différence −3,3 % (IC95 % −8,4 à 1,8), intervalle qui inclut zéro.
  • Aucun décès, aucune paralysie phrénique persistante et aucun accident vasculaire cérébral n’est survenu. Dans le groupe radiofréquence, 2 patients ont eu une sténose de veine pulmonaire supérieure à 70 % et 12 une sténose supérieure à 50 %, avec 2 tamponnades et 1 hémorragie œsophagienne.
  • La durée moyenne de la procédure était de 59 minutes (écart-type 22) avec le champ pulsé contre 98 minutes (écart-type 33) avec la radiofréquence, soit une différence ajustée de −39 minutes (IC95 % −44 à −34). Le temps de scopie était à l’inverse plus long avec le champ pulsé : 12 minutes en moyenne contre 7.

Limites

  • L’essai est ouvert et d’effectif modeste : l’intervalle de confiance de la différence d’efficacité va de −8,2 à +10,1 points, et cette absence de supériorité ne vaut pas démonstration d’équivalence.
  • La différence d’événements indésirables graves n’est pas concluante, son intervalle de confiance incluant zéro ; l’essai n’était pas dimensionné pour la sécurité.
  • Les neuf centres européens participants sont expérimentés et le bras radiofréquence suivait un protocole optimisé : ces résultats ne préjugent pas de ceux obtenus dans des centres moins rompus à l’une ou l’autre technique.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.