Redo-surgery versus transcatheter valve-in-valve for mitral bioprosthetic dysfunction: The SURVIV trial
Bioprothèse mitrale dégénérée : le percutané fait mieux que la réopération
Ce premier essai randomisé a comparé, chez 150 patients porteurs d’une bioprothèse mitrale dégénérée, l’implantation percutanée d’une valve dans la bioprothèse (valve-in-valve) à la réintervention chirurgicale. À un an, le critère composite de décès ou d’AVC invalidant est survenu chez 5,3 % des patients du groupe percutané contre 20,8 % de ceux du groupe chirurgical (HR 0,23 ; IC95 % 0,07–0,68). Les hémorragies graves ont été plus rares après valve-in-valve (1,3 % contre 11,1 %) et l’hospitalisation plus courte (médiane de 4 jours contre 14). Les réhospitalisations d’origine cardiaque ont en revanche été plus fréquentes après valve-in-valve (16 % contre 2,8 %).
Question clinique
Chez un patient dont la bioprothèse mitrale se dégrade, l’implantation percutanée d’une valve dans la bioprothèse (valve-in-valve) fait-elle aussi bien, ou mieux, que la réintervention chirurgicale ?
Méthode
L’essai randomisé SURViV a été présenté à l’ACC.26 et sa publication est attendue. 150 patients présentant une dysfonction de bioprothèse mitrale ont été randomisés entre valve-in-valve percutané et réintervention chirurgicale, dans sept centres brésiliens de référence. L’âge moyen était de 57,9 ans et 72 % des patients étaient des femmes. Critère principal : composite de décès toutes causes et d’AVC invalidant à 1 an.
Résultats clés
- Décès ou AVC invalidant à 1 an : 5,3 % dans le groupe percutané contre 20,8 % dans le groupe chirurgical (HR 0,23 ; IC95 % 0,07–0,68 ; p = 0,005).
- Hémorragies graves ou menaçant le pronostic vital : 1,3 % après valve-in-valve contre 11,1 % après chirurgie (p = 0,016).
- Réhospitalisations d’origine cardiaque : 16 % après valve-in-valve contre 2,8 % après chirurgie (p = 0,02), résultat en faveur de la chirurgie.
- Durée d’hospitalisation médiane : 4 jours après valve-in-valve contre 14 jours après chirurgie.
Limites
- L’effectif est réduit et le recrutement limité à sept centres brésiliens de référence ; la population, jeune (âge moyen de 57,9 ans) et très majoritairement féminine, est peu représentative des patients âgés habituellement opérés.
- Durabilité de la valve percutanée inconnue au-delà de 1 an ; résultats présentés en congrès, non encore publiés.