PAUSE CARDIO
Prévention · Essai randomisé · TRIUMPH-1

Retatrutide, a Triple Hormone Receptor Agonist, for Treatment of Obesity.

Obésité : le rétatrutide fait perdre jusqu’à un quart du poids

NEJM · 29 septembre 2026 · Essai de phase 3, 2 339 patients

Dans cet essai de phase 3 en double insu, 2 339 adultes obèses non diabétiques ont reçu pendant 80 semaines du rétatrutide, agoniste des récepteurs du GIP, du GLP-1 et du glucagon en injection hebdomadaire, à 4, 9 ou 12 mg, ou un placebo. La variation moyenne du poids a été de −17,6 %, −23,7 % et −25,0 % selon la dose, contre −3,9 % sous placebo. Chez les participants souffrant d’arthrose du genou, la douleur a diminué davantage sous rétatrutide, et chez ceux atteints d’apnée obstructive du sommeil, l’index d’apnées-hypopnées a baissé davantage. Les effets indésirables les plus fréquents sont digestifs, et l’essai ne porte sur aucun critère cardiovasculaire.

Résultat principalVariation du poids à 80 semaines : −23,7 % à 9 mg et −25,0 % à 12 mg de rétatrutide contre −3,9 % sous placebo (différences −19,8 et −21,0 points ; p < 0,001)
En pratiqueaux doses les plus fortes, le rétatrutide fait perdre près d’un quart du poids initial, avec des effets mesurables sur l’arthrose du genou et l’apnée du sommeil. Pour le cardiologue, c’est une molécule à suivre, pas encore à prescrire : la démonstration d’un bénéfice sur les événements cardiovasculaires, comme l’a apportée le sémaglutide dans SELECT, reste à faire.

Question clinique

Chez l’adulte obèse non diabétique, un agoniste des trois récepteurs GIP, GLP-1 et glucagon fait-il perdre du poids, et améliore-t-il la douleur de l’arthrose du genou et l’apnée obstructive du sommeil, deux comorbidités fréquentes de l’obésité ?

Méthode

Cet essai de phase 3, randomisé en double insu, a inclus 2 339 adultes obèses sans diabète, qui ont reçu une injection sous-cutanée hebdomadaire de rétatrutide (4, 9 ou 12 mg) ou de placebo pendant 80 semaines. Les critères principaux, évalués pour les doses de 9 et 12 mg contre placebo, étaient la variation du poids en pourcentage, la variation du score de douleur WOMAC (de 1 à 10) dans le sous-groupe de 574 participants atteints d’arthrose du genou, et la variation de l’index d’apnées-hypopnées chez les 243 participants atteints d’apnée obstructive du sommeil. Pour le poids, l’analyse est faite en intention de traiter, quels que soient les événements survenus en cours d’essai. Pour les deux sous-groupes, l’analyse principale est dite « hybride » : les événements intercurrents qui évoquent un échec du traitement y sont traités selon une stratégie hypothétique, et l’analyse en intention de traiter est rapportée en complément.

Résultats clés

  • Poids : −17,6 % à 4 mg, −23,7 % à 9 mg et −25,0 % à 12 mg, contre −3,9 % sous placebo (différences de −19,8 et −21,0 points pour 9 et 12 mg ; p < 0,001 pour les deux).
  • Arthrose du genou, analyse hybride : score de douleur −3,2, −3,5 et −3,6 selon la dose contre −1,9 sous placebo (différences −1,6 et −1,8 points ; p < 0,001) ; en intention de traiter, −3,4, −3,9 et −4,1 contre −2,5 (différences −1,4 et −1,6).
  • Apnée du sommeil, analyse hybride : −22,9, −34,3 et −31,7 événements par heure contre −9,9 sous placebo (différences −24,4 et −21,9 ; p < 0,001) ; en intention de traiter, −22,8, −34,3 et −32,1 contre −9,6.
  • Les effets indésirables les plus fréquents ont été digestifs.

Limites

  • L’essai n’a aucun critère cardiovasculaire : il montre une perte de poids et des effets sur deux comorbidités, pas une réduction des événements.
  • L’essai dure 80 semaines : le maintien du poids après l’arrêt et la tolérance à long terme ne sont pas rapportés.
Résumé à valider par le lecteur avant application clinique — se reporter à l’article original en lien. Fiche rédigée à l’aide de l’IA.