Risk of Stroke and TIA With Pulsed Field Compared With Radiofrequency Ablation for Atrial Fibrillation
Le champ pulsé exposerait à plus d’AVC que la radiofréquence
Ce registre prospectif d’un seul centre à haut volume a porté sur 4 221 ablations consécutives de fibrillation atriale, dont 2 144 par champ pulsé et 2 077 par radiofréquence, avec adjudication des événements neurologiques par des neurologues en aveugle. À 30 jours, un AVC ou un accident ischémique transitoire est survenu après 0,47 % des procédures par champ pulsé contre 0,10 % après radiofréquence (différence pondérée 0,36 point ; IC95 % 0,03–0,70 ; p = 0,03). Les autres complications restaient inférieures à 1 % et comparables. Il s’agit d’une association observée dans un seul centre, que les auteurs appellent à confirmer par une surveillance renforcée et des études prospectives dédiées.
Question clinique
L’ablation par champ pulsé s’est diffusée rapidement, en partie parce qu’on en attendait une meilleure sécurité que l’ablation thermique. Les données comparatives restent limitées : le risque d’AVC ou d’accident ischémique transitoire (AIT) est-il le même qu’avec la radiofréquence ?
Méthode
Registre prospectif des ablations consécutives de fibrillation atriale réalisées entre 2022 et 2026 dans un centre universitaire américain à haut volume, par 12 opérateurs : 4 221 procédures, dont 2 144 par champ pulsé (Farawave 68,7 %, Sphere-9 23,3 %, Varipulse 6,9 %, PulseSelect 0,7 %) et 2 077 par radiofréquence. Le critère de jugement principal était la survenue d’un AVC ou d’un AIT dans les 30 jours, adjudiquée par des neurologues indépendants en aveugle ; les critères secondaires comprenaient le décès et les autres complications de la procédure. Les différences de caractéristiques entre les groupes ont été équilibrées par pondération sur score de propension, et des analyses de médiation exploratoires ont étudié le rôle des différences de déroulement des procédures.
Résultats clés
- Les patients des deux groupes étaient comparables : âge moyen 67 ans, 31 % de femmes, 47 % de fibrillation atriale persistante, 7 % d’antécédent d’AVC ou d’AIT.
- AVC ou AIT à 30 jours : 10 événements (0,47 %) après champ pulsé contre 2 (0,10 %) après radiofréquence, en analyse brute comme en analyse pondérée — différence pondérée +0,36 point (IC95 % 0,03–0,70 ; p = 0,03).
- Les procédures par champ pulsé étaient plus courtes (108 contre 144 minutes) et comportaient plus souvent une isolation de la paroi postérieure (57 % contre 31 %) ; les analyses de médiation, limitées par le petit nombre d’événements, n’ont pas identifié une ablation plus étendue comme facteur de risque indépendant d’AVC.
- Les événements se sont répartis sur toute la période, sans regroupement au moment de l’adoption du champ pulsé ni autour d’un opérateur (aucun opérateur n’a eu deux événements ou plus). Les autres complications, après pondération, restaient inférieures à 1 % et comparables entre les deux techniques.
Limites
- Étude observationnelle dans un seul centre : malgré la pondération, un facteur de confusion résiduel ne peut être exclu, et l’association observée ne démontre pas un lien de causalité.
- Douze événements au total : l’estimation est imprécise, comme le montre la largeur de l’intervalle de confiance.
- Un seul centre à très haut volume, avec ses cathéters et ses opérateurs : la transposition à d’autres pratiques demande de la prudence.