Targeted vitamin D supplementation and major adverse cardiovascular events after myocardial infarction: the TARGET-D trial.
Après infarctus, la vitamine D ciblée n’a pas réduit les événements
Chez 630 patients ayant présenté un infarctus du myocarde, une supplémentation en vitamine D3 ajustée pour maintenir un taux de 25-hydroxyvitamine D entre 40 et 80 ng/mL a été comparée aux soins habituels, avec un suivi moyen de 4,2 ans. Le critère principal (décès, infarctus, hospitalisation pour insuffisance cardiaque ou AVC) est survenu chez 15,7 % des patients supplémentés contre 18,4 % dans le groupe témoin, sans différence significative. La baisse des infarctus observée parmi les critères secondaires reste un signal exploratoire.
Question clinique
Les études observationnelles associent un taux bas de vitamine D à un pronostic cardiovasculaire défavorable, mais les essais randomisés de supplémentation à dose fixe n’ont pas réduit les événements. Une stratégie ciblée, qui dose puis ajuste la vitamine D3 jusqu’à atteindre un taux cible, fait-elle mieux après un infarctus ?
Méthode
Essai randomisé pragmatique ayant inclus, entre avril 2017 et mai 2023, 630 patients après infarctus du myocarde (âge médian 63 ans, 78,1 % d’hommes). Le groupe intervention recevait de la vitamine D3 avec un algorithme de titration visant un taux de 25-hydroxyvitamine D supérieur à 40 et jusqu’à 80 ng/mL ; le groupe témoin recevait les soins habituels. À l’inclusion, le taux médian était de 25 ng/mL, 87,0 % des patients étaient à 40 ng/mL ou moins et 52,4 % ont débuté à 5 000 UI par jour. Critère principal : composite de décès, infarctus, hospitalisation pour insuffisance cardiaque et AVC. Le suivi a été arrêté le 17 mars 2025 après au moins 104 événements, pour une durée moyenne de 4,2 ± 2,0 ans.
Résultats clés
- Critère principal : 15,7 % sous vitamine D ciblée contre 18,4 % avec les soins habituels (HR 0,85 ; IC95 % 0,58–1,24 ; p = 0,40), différence non significative.
- Critères secondaires : décès 8,9 % contre 9,2 % (HR 0,98 ; p = 0,95) ; infarctus 3,8 % contre 7,9 % (HR 0,48 ; p = 0,03) ; hospitalisation pour insuffisance cardiaque 4,2 % contre 3,5 % (HR 1,21 ; p = 0,65) ; AVC 1,6 % contre 0,9 % (HR 1,69 ; p = 0,47).
- L’insuffisance en vitamine D était très fréquente dans cette population après infarctus.
Limites
- Effectif modeste et nombre d’événements limité (un peu plus d’une centaine) : l’essai ne peut pas exclure un effet réel de taille moyenne. L’intervalle de confiance du critère principal (IC95 % 0,58–1,24) reste compatible avec une réduction comme avec une augmentation du risque.
- Comparateur « soins habituels » sans placebo : les participants connaissaient leur groupe.
- La réduction des infarctus est un critère secondaire parmi plusieurs, dans un essai dont le critère principal est négatif : elle appelle une confirmation, pas une conclusion.