Ventricular Arrhythmia and Cardiac Fibrosis in Endurance Experienced Athletes (VENTOUX)
Cycliste vétéran : fibrose myocardique et arythmies ventriculaires vont de pair
Cette cohorte prospective a exploré par IRM cardiaque 106 cyclistes et triathlètes masculins asymptomatiques de 50 ans ou plus, entraînés au moins 10 heures par semaine depuis au moins 15 ans, puis les a surveillés par un moniteur cardiaque implantable pendant 2 ans en médiane. Une fibrose myocardique focale, toujours de distribution non ischémique et surtout inférolatérale basale, a été trouvée chez 47,2 % d’entre eux. Une arythmie ventriculaire est survenue chez 21,7 %, le plus souvent une tachycardie ventriculaire non soutenue (18,9 % de la cohorte) ; la forme soutenue n’a concerné que 2,8 % des athlètes. La fibrose était associée à un risque d’arythmie ventriculaire multiplié par 4,7 (IC95 % 1,8–12,8), indépendamment de la dilatation ventriculaire gauche.
Question clinique
Chez l’athlète d’endurance vétéran, asymptomatique et sans cardiopathie connue, la fibrose myocardique détectée à l’IRM est-elle associée à la survenue d’arythmies ventriculaires lors d’une surveillance rythmique prolongée ?
Méthode
Cohorte prospective observationnelle de 106 cyclistes et triathlètes masculins de compétition, asymptomatiques, âgés de 50 ans ou plus, entraînés au moins 10 heures par semaine depuis au moins 15 ans, sans cardiopathie préexistante. Chacun a eu un bilan clinique, une IRM cardiaque avec perfusion de stress et rehaussement tardif au gadolinium, une épreuve d’effort et l’implantation d’un moniteur cardiaque. Le critère de jugement principal était la survenue d’une arythmie ventriculaire au cours du suivi.
Résultats clés
- Une fibrose myocardique focale a été observée chez 50 des 106 athlètes (47,2 %), toujours de distribution non ischémique et touchant surtout le segment inférolatéral basal du ventricule gauche.
- Sur un suivi médian de 720 jours, 23 athlètes (21,7 %) ont présenté au moins un épisode d’arythmie ventriculaire : tachycardie ventriculaire soutenue chez 3 (2,8 %) et non soutenue chez 20 (18,9 %).
- La fibrose myocardique (HR 4,7 ; IC95 % 1,8–12,8 ; p = 0,002) et un volume télédiastolique ventriculaire gauche indexé plus élevé (HR 1,4 ; IC95 % 1,1–1,9 ; p = 0,02) étaient associés à un risque accru d’arythmie ventriculaire. Le rehaussement tardif des points d’insertion du ventricule droit ne l’était pas (HR 1,7 ; IC95 % 0,6–5,1 ; p = 0,32).
- L’association avec la fibrose persistait après ajustement sur le volume ventriculaire gauche (HR 4,7 ; IC95 % 1,7–12,7 ; p = 0,002).
Limites
- Cohorte exclusivement masculine et de petite taille, sans groupe témoin sédentaire ; intervalles de confiance larges.
- La majorité des arythmies sont des tachycardies ventriculaires non soutenues, dont la signification pronostique chez l’athlète n’est pas établie. L’étude ne dit pas si la fibrose est elle-même arythmogène ou le marqueur d’une cardiomyopathie sous-jacente.