Vutrisiran in Patients with Transthyretin Amyloidosis with Cardiomyopathy
Le vutrisiran réduit la mortalité dans l’amylose cardiaque à transthyrétine
L’essai HELIOS-B, de phase 3, a comparé en double aveugle le vutrisiran au placebo chez 655 patients atteints de cardiomyopathie amyloïde à transthyrétine, pendant une durée pouvant atteindre 36 mois. Le vutrisiran est un ARN interférent qui bloque la production hépatique de transthyrétine, administré à la dose de 25 mg par voie sous-cutanée toutes les 12 semaines. Le traitement a réduit le critère composite de décès toutes causes et d’événements cardiovasculaires récurrents (HR 0,72 ; IC95 % 0,56–0,93 ; p = 0,01), y compris chez les patients qui ne recevaient pas de tafamidis à l’inclusion (HR 0,67), ainsi que la mortalité toutes causes à 42 mois (HR 0,65). Il a aussi ralenti le déclin de la distance parcourue au test de marche de six minutes et celui de la qualité de vie.
Question clinique
Chez le patient atteint de cardiomyopathie amyloïde à transthyrétine (ATTR-CM), maladie progressive et mortelle, le vutrisiran, ARN interférent qui inhibe la production hépatique de transthyrétine, réduit-il la mortalité et les événements cardiovasculaires, avec ou sans tafamidis en traitement de fond ?
Méthode
Essai HELIOS-B, randomisé 1:1 en double aveugle : vutrisiran 25 mg par voie sous-cutanée ou placebo toutes les 12 semaines pendant jusqu’à 36 mois. Critère de jugement principal : composite de décès toutes causes et d’événements cardiovasculaires récurrents. Critères secondaires : mortalité toutes causes, variation de la distance au test de marche de six minutes et du score KCCQ-OS. Les critères d’efficacité ont été analysés de façon hiérarchique dans la population totale et dans la population « en monothérapie », c’est-à-dire sans tafamidis à l’inclusion.
Résultats clés
- 655 patients randomisés (326 sous vutrisiran, 329 sous placebo) ; environ 40 % recevaient déjà du tafamidis à l’inclusion.
- Critère principal : 125 patients sous vutrisiran contre 159 sous placebo ont présenté au moins un événement ; HR 0,72 (IC95 % 0,56–0,93 ; p = 0,01) dans la population totale et HR 0,67 (IC95 % 0,49–0,93 ; p = 0,02) dans la population sans tafamidis.
- Mortalité toutes causes à 42 mois : HR 0,65 (IC95 % 0,46–0,90 ; p = 0,01) dans la population totale.
- Déclin fonctionnel freiné : différence de 26,5 m au test de marche de six minutes (IC95 % 13,4–39,6 ; p < 0,001) et de 5,8 points au KCCQ-OS (IC95 % 2,4–9,2 ; p < 0,001) en faveur du vutrisiran, avec des résultats du même ordre dans la population sans tafamidis.
- Tolérance : effets indésirables chez 99 % des patients sous vutrisiran et 98 % sous placebo, effets indésirables graves chez 62 % et 67 % respectivement.
Limites
- Environ 40 % des patients recevaient déjà du tafamidis, ce qui complique la comparaison entre stabilisateur et ARN interférent ; l’essai ne compare d’ailleurs pas directement les deux classes.
- Le critère principal est composite : le bénéfice propre aux événements cardiovasculaires récurrents n’est pas rapporté séparément, même si la mortalité toutes causes est réduite à 42 mois.
- Essai financé par le fabricant.